LES PARENTS

 

Quand on n’a que seize ans et pas mal d’argent,

On frime tout le temps, on charme tous les vents.

Au logis des parents, il fait parfois bien chaud,

On montre un peu les dents, on a le verbe haut.

On parle vulgairement, on a toujours raison,

On sait tout simplement défendre sa floraison.

Notre chambre nous attend, sans ordre évidemment,

On claque la porte souvent, on crie contre ses parents,

Qui sont ces purgatoires du haut de leur perchoir ?

Ce ne sont que des poires qui jouent les encensoirs !

On veut vivre et oser, chasser les habitudes,

Ils ne savent que griffer, nous pousser à l’étude.

On est la nouvelle forme, celle qui va tout changer,

 Ils sont l’ancienne norme aux traits bien dépassés.

On veut la liberté, l’argent qu’on peut flamber,

Ils aiment repasser, toutes nos contrariétés.

Il faut qu’on parte d’ici,  pour actionner nos ailes,

Ne plus dire merci, pour mille bagatelles.

Ils se croient des remparts, des sages, des protecteurs,

Ils ne sont que brouillard, ils multiplient les heurts.

 

La roue de la vie passe, on se retrouve papa,

On a bu quelques tasses, divorcé quelques fois

On n’ croit plus à l’amour, les amis sont ailleurs,

Et l’on terre, un peu court, notre bonheur dans nos pleurs.  

Nos illusions ricanent, tout au fond de nos cœurs

On bute sur des chicanes, on ramasse nos erreurs.

On débroussaille nos bois de nos cimes altières

On porte toutes nos croix, on revient de mille guerres.

On est plus très certain de faire mieux que nos vieux,

D’avoir le même entrain, d’être calme sous le feu.

Et le destin s’enroule, ligotant nos lumières,

On est tout de même en boule, il y a tant à faire...

Le fil du destin a soulevé nos parents,

On n’a plus tellement faim, d’être leur éloignement.

On voudrait tant leur dire, nos échecs, nos victoires,

Nos épines et nos pires, notre quête dans le noir.

Ils sont dans les étoiles, sans un ordinateur,

Peuvent-ils suivre nos voiles, sur la mer de nos peurs ?   

On avait pourtant cru au sommet, pour toujours,

Notre héros a trop vu,  il titube sans amour…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ange dans Poésie.
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