Les petits métiers se perdent.

LE LOUEUR D'HUÎTRES.

Le loueur d'huîtres, chaque année,
passait de villes en villages.
Il faisait sa tournée,
malgré son grand âge!

Plusieurs cordes à son arc,
et tel un magicien,
il proposait en vrac,
tout ce qu'il faisait bien:

Remonter les pendules,
jusqu'à trois jours avant,
regonfler les nodules,
pour que souffle le vent.

Casser en mille morceaux,
les enclumes du village,
faire brailler les veaux,
les priver de laitage.

Il savait, c'est le pire,
toutes les portes ouvertes,
enfoncer à loisir,
et même les fenêtres.

Jusqu'à lyophiliser,
les meubles du jardin,
et immobiliser,
d'un seul coup tous les nains!

Ah, qu'il était aimable,
avec tous ses clients,
quand ils étaient malades,
il arrachait leurs dents !

Il n'était pas marié,
mais vivait en concu,
avec la Maïté,
tout le monde l'a su !

Mais il louait toujours,
des huîtres à la douzaine,
quelques fois pour un jour,
ou bien pour la semaine!

Les coquilles ramassées,
comme il était très bon,
les faisait repasser,
aux élus du canton !

Aujourd'hui, c'est fini,
le loueur d'huîtres est mort,
et tristesse infinie,
c'est son chien qui nous mord !

Quel triste sort !

bourguignat.gerard dans Poésie.
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