Les pieds dans le ciment

Les deux pieds enfoncés dans le ciment tout frais
J’attends tranquillement que celui-ci durcisse
Une heure suffira et après je me glisse
Dans l’eau de cette mare où je m’enfoncerai

Pour ne pas me rater il eut fallu qu’il pleuve
Quelques jours, quelques nuits, hélas! il n’a pas plu
Dans la vase, enfoncé, le corps à demi nu
Ce n’est pas aujourd’hui que pleurera ma veuve

J’ai de l’eau jusqu’au cou, mais ne m’enfonce plus  
Prisonnier du ciment dans la vase gluante
Pour réchauffer mon corps je m’agite et je chante  
Mais le son passe mal à travers les feuillus

Enfin n’en pouvant plus comme le bûcheron 
Je songe à mon malheur mais j’aime trop la vie
Plutôt que de mourir j’ai choisi la survie

Le ciment de nos jours bien souvent nous alarme
Je plains les habitants des maisons de maçons
Car en forçant un peu j’ai eu mes ripatons    

chavigner dans Poésie.
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