Les poètes

Tous les poètes sont des chiens.
Un jour leurs dos portent caresses,
Souffrant bâton le lendemain,
Qu'importe si ces coups les blessent,

Après tout ils ne sont que chiens.

Buvant les mots de gentillesse,
Leur cœur d'enfant bat, rimbaldien,
Puis ils s'étranglent à une laisse,
Tressée de mépris et dédain,

Après tout ils ne sont que chiens.

Ils ont de pauvres maladresses,
Sont payés d'os et de vieux pain,
Leurs débordements, leur hardiesse,
Les conduisent aux champs draconiens,

Après tout ils ne sont que chiens.

Pourtant leur âme prophétesse,
Côtoie les Sylphes aériens,
Leur esprit est plein de vitesses,
Et leur cœur souvent est faustien,

A vrai dire, ils sont magiciens.

gilliatt dans Poésie.
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