Les saules de porcelaine.

Le lourd manteau de la vie
Jeté sur ses épaules
L'avait, jour après jour,
Courbée sur son chemin.
Blessée dans ses amours,
Elle se souvient encore
Des grappes de lumières
Qui mordillaient son cœur.

Le soleil trébuche
Aux quatre coins de sa paupière,
Un bâillon s'est posé
Aux arpèges de sa joie.
Les oiseaux sont de cendre
Sur son fil d'horizon
Où le couchant n'embrase
Que de simples roseaux.

Autrefois est de craie,
Demain semble poussière,
Le temps, entre ses doigts,
Coule en fleuve de silence.
Son âme se traine sans élans
Dans l'ombre des frondaisons,
De lunes en soleils
Roulent des feuilles rouillées.

Parfois, entre les branches,
Se cale un beau coin de ciel bleu
Qui sourit sur son corsage
Comme une guirlande qui clignote.
Elle voudrait fermer ses mains
Pour retenir ces instants
Mais le vent souffle sur les fleurs,
La neige voltige sur sa maison.

lalavandiere dans Poésie.
- 777 lectures

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.