LES VIEUX

Ils sont là seuls tous les deux
Étant tels ces petits vieux,
Dans de las fauteuils usés
Assis face à la flambé,
 
Ils se murmurent tout bas
Quelques mots dits autrefois
Qu’ils sortent de leur mémoire
Comme d’un très vieux grimoire,
 
Tous deux ont tant fait de rêves
Avant leur vie qui s’achève,
Emprunté tant de chemin
En se tenant bien la main.
 
La vie les a tout fripés
D’un habit de dignité,
Cousu de beaux souvenirs
Qui n’ont plus un avenir,
 
 Leur jeunesse s’est usée
Sur le rocher des années,
Dans cette teinte jaunie
Que le temps passé à pris.
 
Alors de leurs mains croisées
Les pensées dans le passé,
Se balançant doucement
Le regard dans le néant,
 
 Cette fade solitude
Qui ne devient qu’habitude,
De ceux rattrapés par l’âge
 Qui doivent tourner la page,
 
Dans ce qui fut leur destin,
Ils n’attendent que la fin
Comme on attendrait l’amour
Qui viendrait par un beau jour,
 
 
C’est l’horloge qui s’arrête
Nulle attention on n’y prête,
On ne la remonte plus
Et le temps c’est dissolu,
 
Ils ont porté tant de deuil
Que la mort ils l’accueillent,
Les vieux ne se meurent pas
On ne trouve plus leurs pas.
 
W.L.
28/12/2015

williamlecler dans Poésie.
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