Les volets clos (réédition)

LES VOLETS CLOS.

Les ombres du passé ressurgissent soudain
Sur la photo sépia décor dun autre temps.
Cette femme debout qui me tient par la main
Près du grand escalier, javais juste six ans.

Ces dames au salon qui attendaient leur tour,
Felliniennes beautés riaient en me voyant
Et me laissaient toucher, caresser leurs seins lourds
Longues robes de soies, capelines dantan.

Monsieur Armand venait jeudi après-midi
Au revers un œillet, la moustache lissée.
Membrassait en entrant moffrait sucre candi
Puis, il faisait son choix, montait jusquau palier.

Le chat dans son panier ronronnait près du feu.
Eloïse jouait piano désaccordé,
Du Chopin, disait-elle, improbables aveux
Madame dAlembert me servait le goûter.

Des lampes rococo éclairaient les sofas
Le velours dominait, meubles en bois cirés.
Dillustres inconnus avaient peint des sous-bois
Picturales horreurs sur les murs accrochées.

Lorsque tombait la nuit, on montait me coucher
Les filles me couvraient de baisers, de câlins.
Dès que mes rêves bleus tombaient sur loreiller
De la fine cloison haletaient mes voisins …

bourguignat.gerard dans Poésie.
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