L’extase du feuillet perdu

 

Où va l’envol méditatif de mes pensées,
Comme ces grands oiseaux noirs dans le ciel ?
Moi qui m’aveugle de crépuscules niaiseries,
Quand du monde, m’attend tant de beautés !

Où berce le lac de mes envies rêvées,
Comme ces grands oiseaux noirs dans le ciel ?
Moi qui deviens sourd à la souffrance qui git,
Quand du monde, je n’entends plus ses sonorités !

Deviendrais-je aussi vil que mon frère en arme ?
Alors que ma seule arme nait de ma plume,
Pour décrire le temps assassin et de ces larmes,
Quand d’autres errent sur des terres qui fument ?

Où vont mes contemplations perdues et rejetées,
Au gré des vents et marrées de notre société ?
Victime insouciante d’une surdose d’humanité,
Dans un état décadent sans foi et sans beauté.

Où vivre en totale passion si ce n’est dans l’esprit
Aliéné par tant de servitudes monétaires ?
Où se pose le témoignage quand il est fini,
Dans des publications accidentelles qui errent ?

Oh jouissance de l’extase des feuillets perdus,
Que l’on retrouve un jour, par pur hasard,
A moins qu’il ne s’agisse de la chance d’une vue,
D’avoir posé une pierre à l’édifice hagard !

Je manifeste, je conteste dans une société rigide,
J’accorde une importance particulière à l’esthétique,
Je surréalisme la beauté et son contraire fatidique,
Je témoigne de la flamme intérieure et de son égide.

Hubert-Tadéo Félizé dans Poésie.
- 119 lectures - mention j'aime

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ROSE Beau texte bien écrit qu'il m'a plu de lire
Merci hubert
Hervé Chatelain Poésie Tout comme Rose, j'ai aimé vos interrogations sur ce monde en devenir. Merci bien Hubert.
Hubert-Tadéo Félizé Un grand merci à vous deux.
Picardie
Extase d'un auteur devant le feuillet perdu d'un manuscrit, où le "je " est prépondérant , dans l'édifice du moi, qui ne concerne qu'une seule personne.Rimbaud dirait "le Je est un autre ".
Lucie Malatesta Le poète face à la société déshumanisée. Le poète face à l'humanité qui se cherche tout comme le poète. Voilà un bon questionnement par delà ce poème, où le lecteur et la lectrice que je suis peut s'identifier. Bravo Hubert.
iloveyou Extases du feuillet, c'est un très joli nom de poème, vous dit I Love You
eryngium Levons-nous tous avec nos pancartes du Je ! Et manifestons contre les nous.
Belle_des_Bois Tu te rappelles de moi ?
josiane.gerhe "Deviendrais-je aussi vil que mon frère en arme ?
Alors que ma seule arme nait de ma plume,
Pour décrire le temps assassin et de ces larmes,
Quand d’autres errent sur des terres qui fument ? "

Très joli quatrain.
Lucie Mayot Crescence Très bel écrit prenant aux réflexions multiples. Bravo poète.
Karmanda Maghi "Je est un autre", Alors si "je est un autre", c'est que nous pouvons découvrir, la présence en "moi" d'un autre moi plus profond, que l'on peut appeler le "soi" (Jung) ou le "moi supérieur" (Nietzsche), le "moi profond" (Bergson) qui recèle les désirs les plus énergiques.

"C'est faux de dire "je pense", on devrait dire "on me pense".

"Les souffrances sont énormes, mais il faut être fort, être né poète, et je me suis reconnu poète. Ce n’est pas du tout ma faute. C’est faux de dire : je pense : on devrait dire on me pense. Pardon du jeu de mots.

Je est un autre. Tant pis pour le bois qui se trouve violon, et nargue aux inconscients, qui ergotent sur ce qu’ils ignorent tout à fait !

Vous n’êtes pas enseignant pour moi." Rimbaud.
Hubert-Tadéo Félizé Tout à fait Karmanda, et pour reprendre la poésie romantique :

Du lyrisme : le poète dit "je" et l'usage de la première personne est pour lui son originalité poétique. Le Moi est à la fois le sujet et l'objet du poème.

Le poète réfléchit sur la sensibilité exacerbée d'une entité, dans sa plus profonde intimité et c'est par cette personne qu'est écrit le poème. Comme le reflet de sa personne dans une glace qui se projette aux yeux de tous.

Il se parle à lui-même projetant son je aux autres qui deviennent tour à tour lui-même et prenant sa propre identité, le je est donc bien nous.

Le Je n'est pas usité par égocentrisme, mais par un jeu subtil de romantisme et de lyrisme pour démontrer que le poète est au sein de l'univers, un tout et pas qu'une seule entité contre les autres. Il est Je comme Je suis nous.
Justine Sahin Vous nous donner matière à réfléchir.
Barrymoussa180 Beau poème comme toujours.
Nuage pâle Bravo Hubert, magnifique et merci également pour votre commentaire instructif
Hervé Chatelain Poésie Merci Hubert et Karmanda pour cet échange intellectuel sur l'affaire Rimbaud.
josiane.gerhe Relecture et compréhension de vos discussions, merci les amis pour vos partages d'idées.
Justine Sahin J'aime vos échanges, je ne savais pas que Rimbaud avait énoncé ce texte, et encore moins le culot qu'il avait pris vis à vis de son professeur. ce qui démontre son originalité et sa manière d'être, tout au long de sa vie.
Hubert-Tadéo Félizé Merci pour vos commentaires de ce dimanche. Plaisir de vous avoir fait plaisir, donc plaisirs réciproques.
Lucie Mayot Crescence Au fond du bois, je me sens belle, cueillant la pâquerette, un feuillet à la main, je vous dévore en lecture. Et si Je est un autre, alors Il est en jeu pour chacun de nous. Merci Hubert, pour vos réflexions profondes sur le moi, l'égo et votre façon d'amener, de nous amener à réfléchir sur notre soi et notre émoi. Amitiés poètes.
Au fond du trou Quand je vous lis, j'ai l'impression enfin de sortir ma tête hors du trou, je serai la chrysalide émergeant du monde des limbes. Merci poète, faisons la paix une bonne fois pour toute. Tout est pardonné.
Hubert-Tadéo Félizé Désolé, je ne vois pas qui vous êtes, mais vous êtes pardonné ! Bonne journée Au fond du trou.

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