Mémoires en fragments

Mémoire en FRAGMENTS

La mémoire,
A la fois fugace et tenace
La mémoire,
A la fois universelle et singulière
La mémoire,
A la fois sélective et parcellaire
La mémoire je n’en ai plus…
Suis- je encore le même sans histoire ?
Facticité de soi-même
Affairé dans la mémoire et l’oubli du même.


A la fois fugace et tenace
Universelle et singulière,
Sélective et parcellaire
La mémoire nous appartient, elle fait notre histoire.
On ne peut concevoir la mémoire sans l’oubli
Obstacle à la construction de soi,
Elle se construit sans corollaire
Le pentacle de soi-même comme un autre
Amnésie de l’être sans l’avoir
Le verbe à l’infinitif nous invite au substantif
La grammaire suppure comme la plaie béante
Les temps s’effacent dans l’atemporalité
Temps et récit provoque l’anamnèse
La maïeutique de l’écrit autobiographique
Le hiéroglyphique comme substrat
L’écriture cunéïforme comme viatique
A l’archéologie du savoir
Je sombre dans la folie
D’avoir perdu la faculté de l’oubli
Mes mémoires à jamais fugaces
Il n’en reste plus aucunes traces.

Mémoire autobiographique
Mélange des senteurs orientales et asiatiques
La mémoire comme oxymore
M’invite à oublier encore et encore.

L’écriture de soi et sincère authenticité
La mémoire dans la peau incrustée ;
L’écriture de soi opiacée et rapiécée
La gueule enchâssée dans les écrits du Parnasse
La jeune Raimbaud y inventa le « je est un autre » !

Sensations éberluées dans l’avenir sans fard
Autobiographie du moi enchâssé, encarté dans l’autre
Je survie à ma mémoire parcellaire
Mémoire vide de sens et d’images en kyrielles
Je contemple de toute sa splendeur le ciel
Illumination et élimination des voyelles
Consensus mou de l’ego qui cherche vainement
Mais sereinement une voix vers la découverte de soi

Milles sensations du cœur à corps mémnique
Mimesis et anamnèse
Le tout apparaît en moult diérièses
Dieux et cieux ne font qu’un : ecce homo.
Unis vers l’horizon blafard.

L’anamnèse comme une diérèse ;
Dieu m’est témoin que la grammaire
Me permet de construire mon histoire,
Le tout est dans l’apparition de la mémoire et l’oubli.

La découverte de soi dans le scripturaire ;
Sachant qu’elle est avant tout parcellaire ;
La mémoire ne nous appartient pas :
Elle est si fugace et tenace à la fois

Le tercet et le quatrain n’y suffiront pas
L’autobiographie s’épuise dans ce qui n’est pas
La mémoire s’affine dans le présent passé
J’y cherche la présence d’un « je », d’une ipséïté.

Le savoir de soi est comme la saveur du son :
Elle se fait silence et oraison.
La partition s’évanouit dans l’épanouissement
D’un « je » qui se découvre à soi.

Dans mon quant - à- soi je disais
Pleinement que je suis en extase.
Des mots qui tentent vainement
D’interpréter le monde intérieur
Le monde maudit de l’ égo.

Sans intériorité,
Seule fugacité et sagacité
Impreignent  l’âme qui s’engouffre.
Dans la phrase emprunte de fatuité
L’ambition de l’illusion biographique,
Spectacle en définitive hiéroglyphique.
Je m’assieds et je disparais loin.
Devant moi l’avenir s’écarte !
Comme un passé qui ne laisse plus de traces :
Mémoires illusoires.

Fabien Rogier dans Poésie.
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