MEURENT SES YEUX

Une erreur condamne sa terre, encore un Tchernobyl
Une mort infantile et toujours les poussières;
‘‘Y' a rien pour la guérir, c'est le diagnostic de la médecine
Non, non je ne peux le dire, je ne veux pas le lui dire

Un sourire crispé, ses yeux la font souffrir
Un peu de morphine elle oublie, vive l'énergie atomique
Vantait, scandait la politique :
Le danger existe hurle l'écologiste

Et moi, je regarde ses yeux, pendant que les autres prient un dieu
Qui les protègeraient du feu, du feu
Emois, je regarde ses yeux  

Nous sommes amoureux,
Nous serons toujours deux
Je le criais, et j'y croyais,
Mais pour avoir espérer
Voilà que je paie
Emois, je regarde ses yeux
Pendant que les autres prient un dieu
Qui les protègeraient du feu, du feu
Emois, je regarde, hagard,
Ses yeux, ses yeux
Malgré les mises en gardes
A cause de cette merde, ses yeux se ferment :

La nuit est tombée; plus jamais, non  jamais
Elle ne verra le soleil se lever
Ses yeux se sont fermés, fermés
Pendant que les autres priaient un dieu
Qui les aurait protégés du feu
Et moi je regardais des yeux
Ses yeux, que moi –même je n'ai plus
A me brûler de leur mensongère vérité


Mai 1986

Fabien Rogier dans Poésie.
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