Mon filao

Écoute son gémissement,lugubre et doux !
On entend sous sa ramure le murmure d'un roux.
Cet abre me donne des frissons dans le cou.

Si nous conjuguions nos molécules organiques
Pour écrire les notes de nos couleurs dynamiques !

Dans son étrange voyage, il se cramponne à la plaine,
Perdu dans le brouillard froid à perdre haleine,
Sourd et retentissant le bruit de ses chaînes.

Si nous dessinions de nouvelles molécules
Pour voyager vers l'intérieur de notre capsule !

L'instant est grave, il rend hommage
Du matin jusqu'au soir à tous nos rivages,
Et gronde la nuit de nos actes sauvages.

Et si nous nous attachions nos monomères
Pour façonner une vie belle à nos polymères !

Votre arôme s'empare de leur sens ;
Sur la route, le temps a suspendu les naissances.
Mais que sont-ils donc devenus ces hommes en transe ?

Si nous libérions la force nos molécules
Pour découvrir le mystère physique de nos bulles !

Dans votre effarement, il capte vos secrets.
Il est fini le temps des regrets !
L'heure est à la paix.

Si nous formions un collier d'acides aminés
Pour concrétiser le fil de l'éternité !

Sans le filao,
Que deviendrait la douceur de mon monde !

J'entends le bruit lointain de la mer, dans ses branchages,
A travers les cris de ceux qui périssent dans le naufrage :
Mon sapin tropical toujours vert gémit la douleur du paysage .

Et si nous accrochions nos brins sans artifice
Pour étreindre nos hélices sur la route des délices !

J'ose à peine caresser ses cheveux frisés :
Son âme souffle sur nos humeurs froissés,
Il sort de la terre ses racines mouillées.

Sans le filao
Que deviendrait la douceur de mon monde !

Il rythme bien des peurs à cette heure,
Pour déverser mille flots d'horreur
Quand sonnent les sanglots des vents d'ailleurs.

Si nous accordions un seul côté à l'échelle
Pour transporter l'information à la marelle !

Sa ligne verticale rejoint l'enfer des bulles
Accroché au ventre tendre et sombre du crépuscule ;
Pour régénérer la sagesse poétique d'une Majuscule.

Sans le filao
Que deviendrait la douceur de mon monde !

Sous le rocher, il laisse bondir les jours brûlants,
A l'heure où le feu embrase les souvenirs du temps,
Pour fracasser les austères reflets du courant.

Si nous rechargions les cellules de nos batteries
Pour insuffler notre respiration à la vie !

Vous lacérez votre cœur de rose
Pour ensevelir l'objet d'un désir qui explose
Dans la forêt des mille voix de votre prose.

Et si nous naviguions sur l'Océan mère
Pour perpétuer les molécules des eaux père !

Sans le filao
Que deviendrait la douceur de mon monde !

Florabateaumots

Florabateaumots-aventure dans Poésie.
- 1172 lectures - mention j'aime

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.