Mouvements d'humeurs

MOUVEMENTS D’HUMEUR

I

La rivière déborde de son lit,
Moi, je tombe de sommeil,
Et pourtant un rien me tient en éveil
Un rien m’émoustille, je pétille
Une boule de nerf à vif
Vivacité d’esprit, irritabilité
Tout bonnement d’humeur versatile,
Les sons les tempos, et les tant pis
 
II

Redoute la lobotomie,
Imprégnation de la bonhomie
Imprécation de la survie
Résurgence physique de vie
Mon cerveau me le dit :
Va doucement mon gars / droit dans le mur !!!

Je cherche l’infirmité,
A confirmer ce que j’affirme
Tout est dans mon ipséité.
Faut croire que je frime

Sans raisons le chenil s’est ouvert,
Le cynique est dans sa barrique
Et fait ses vers philosophiques.


III

Rejouons la cène ! Moi au milieu coupant le pain et distribuant le vin !
L’extrême onction : onctuosité des barbituriques
Mouvement tellurique de l’homme barrique

Baryton / le poison / stop/ me tue / Sont – ce les médicaments ? Ou moi ?
Je me tue, je me tais, je mettais le canon dans la bouche, j’étais mort.


IV


Les couples se font et se défoncent… un rien les écaillent comme l’eau sur la rocaille : moi je ricane, hilare.


V


« Filassée » la fiancée du diable ? La diablesse ne se débat pas, elle regarde par delà le bien et le mâle. Il ne reste que le pédéraste pour la satisfaire : le péché de chair pour marcher dans la poussière : je ne suis  que cendre et d’os et pourtant j’aimerais me la faire car devant elle je ne suis que cendre et eau, quitte à descendre de haut : ange déchu qui déçoit. Refaisons le monde avec un peu plus de raisons. Il sera toujours le même immondice : mortifications, mutilations, démembrements primaires et primaux, sensations !


VI


Il me faut revoir les sensations et les émotions du plus profond de soi : être soi- même identique à soi –même, auto désignation de la logique des noms propres, égal à soi –même. C’est en définitive chercher l’autonomie.


VII


L’Impatience autrement dit l’homme pressé. Le patient /actant. Le sujet reste le même la patience d’être soi comme sujet. Elle se cache derrière l’ivresse de l’activité et de l’oisiveté et l’ennui. Tuer la maladie c’est tuer l’impatience de vivre l’instant sans fugacité. Il sera difficile d’y renoncer. C’est l’impétuosité qui me manque. Où est cet « impetus », mon impertinence. Le tyrannique dans toute sa figure d’impatient omnipotent.
 

Fabien Rogier dans Poésie.
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