Nature charnelle

Dans l’Éden au fin fond des jardins sinueux 
Jusqu’au cœur écarlate où s’en vont mes déboires
Je m’élance éperdu tout heureux et hagard
Arrosant de mes pleurs ses rivages ombreux

Je gravis le haut mont s’élevant dans les nues
Où Vénus souriante étalait sa candeur
Je mêlais à l’idylle une sainte fureur
Et buvait en douceur ses splendeurs ingénues

Tout le feu que je couve aussi fort qu’un volcan
Est tantôt ravivé par l’écho des murmures
Tandis que se glissait sur la douce verdure
Quelque fois tout mon corps ruisselant et brûlant

Je prenais l’élixir de l’ivresse et l’oubli
En prenant dans mes mains et mordant chaque pomme
J’en goûtais et ainsi m’imprégnais des arômes
Qu’exhalaient les boutons des jardins interdits

À travers les massifs de muguet et de lys
Frissonnant sous le souffle adouci du zéphyr
J’avançais à-tâtons en guettant les soupirs
Qui prenaient par instant des allures de cris

C’est la nuit, tout est ombre et l’instant opportun
Pour sentir sans les voir les ardentes couleurs
Je humais l’arc-en-ciel dans l’haleine et les pleurs
Et puisais dans le feu de suaves parfums

J’effleurais dans la rose en glissant quelques doigts
Un bourgeon entouré d’un halo de lumière
Je sentais sous ma main en touchant l’annulaire
Un soupçon de rosée qui suintait quelquefois

De mon corps de mes mains de mes yeux que l’envie
Me poussait follement dans les bras des sirènes
Je pénètre et me fonds dans le cœur de l’éden
Me gavant de plaisirs jusqu’au bout de l’oubli

Je cherchais à cueillir comme un fou obstiné
Dans les lieux ombragés quelque odeur animale
Dans la fleur j’écartais finement les pétales
Et tentais d’assouvir mes instincts forcenés

Poème extrait de mon recueil, Larmes et folies

Abdel.Koulla dans Poésie.
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