Noctambulisme et bucolisme

Noctambulisme et bucolisme

Je viens et je vais dans la nuit sombre
Pas de clair de lune à l’horizon
Les morts se lèvent et se lavent
En milles ablutions.
Moi j’m’envahis l’esprit de milles scansions
Poésie noctambule
Je vise le bucolique
J’en arrive qu’à de la philosophie de comptoir
L’imprévu de l’impromptu au bar de l’Impro.
Tout reste clos
Univers infini en vase clos
C’est le destin de l’écrivain
Avinés de quelques mauvais jeux de mots.
Pages blanches sur pages blanches
L’écriture divinatoire
Un semblant de génie ostentatoire
La graphie n’est pas esthétique,
Elle invite cependant à l’authentique
La plume griffe le papier,
Comme une femme le ferait de son amant.
L’amour des mots de la littérature
Ne va pas de pair avec la passion amoureuse
Elle n’est pas si futile
Elle est seulement facile.
Voire usuelle…
La passion des mots :
Symphonie dantesque.
Et l’écrit qui semble grotesque
Il ne reste qu’un amas de lettres d’amis.
Graphie : écriture manuelle
Sans souris ni clavier
Fin de l’automatique
L’axiomatique littérale
De la volonté d’écrire
Dans un dernier rôle
Soubresaut héroïque
Du  poète qui dort en nous…
L’humanité souhaite ardemment une esthétique morbide…
Morbidité  cathartique : la mastication des morts fait du bruit.
Un fond sonore « grand guignollesque »
Après ce festin gargantuesque
Je cherche le mauresque en moi
Dilution et évanescence du moi
Le je se dissout en vains mots
Qui délimitent une frontière
Infime mais infinie
Entre ce que je suis réellement
Et ce qui apparaît en moi
Conscience déchirante
Vie dirimante  de ma torpeur
Glacis impérial de mon âme
Devanture faciale et éjaculatoire :
J’enrage je me noie je rame
Dans mes rimes dirimantes.
Enjambement des strophes
Poèmes en catastrophes
Amours et versification aimante
Récurrence  du style en en tropes
Résonnance du corps dans l’âme
Permanence du coeur dans l’âtre du feu divin
Enfer et enfermement du nacré
Dans l’huître je me ferme fermement…
Procession adverbiale
Les mots s’encastrent mal
La disposition est anormale
Posée en fractale
La mathématique déviante
Je m’engouffre dans la viande qui me sert de corps
Le cœur palpite encore :
Je suis vivant !
Quel étonnement  d’être ici ….
Diatribes infâmantes
J’ai envie de vomir le diffamant
Le diffus se défait
Dans l’antre de moi-même.
Séparation et saturation de soi
La soie dans l’écriture manifeste un filet de sang
Sanguignolante effusion de soi
Manifestation de la ramure
Fin de la haine de soi : fun'este funérarium.
Le mâle fêteur que je suis : dialogue avec son phallus
A qui incombe le silence le plus glorieux.
Impression du moment :
Enchâssé dans les tourments,
Tout cela sans aucuns détriments
Je parlemente avec moi-même.

Fabien Rogier dans Poésie.
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