Nous n'irons plus...

 Nous n'irons plus aux champs de ces terres anciennes
Que les foins recouvraient, fleurant au souffle tiède
D'un vent qui fredonnait en de vieilles antiennes
L'illusion d'une enfance où l'âme n'est point laide.
 
Nous n'irons plus jouer, solitaires et grands,
Les paladins glorieux de nos mondes perdus
Où notre imaginaire changeait le cours du temps
Avant que l'on n'y cueille trop de fruits défendus.
 
Nous n'irons plus aux cœurs des filles à peine écloses,
En prélude des femmes que nous ne savions pas,
Quand un rien suffisait pour que fanent les roses
Ou nous faire espérer, en vain, d'un premier pas.
 
Nous n'irons plus rêver de choses improbables
Qui, las, sauraient nous dire que l'on pourrait se plaire
Alors qu'il se fait tard aux années qui prospèrent
De fausses certitudes en dérisoires fables
 
Et qu'il n'est d'idéel que ce que l'on enterre…

Fanch dans Poésie.
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