On entendait le vent au nord des asphodèles

On entendait le vent au nord des asphodèles,
Les baisers de la pluie qu'à peine nous frôlâmes,
Ainsi que les marées éclaboussant nos âmes,
Les clochers d'Aalborg, ô mes derniers modèles !

J'ai courbé l'Univers dans l'horrible boue noire,
Où fleurissait la mer toujours noble et lyrique.
Bateaux aux cheveux d'or nous venant d'Amérique,
Que les flots ont noyés, ô troublante mémoire !

Quel sera mon tombeau ? Je choisis cette eau pâle.
La terre me déplaît. Camarde, je t'attends !
Ci-gît celui rêvant d'affreux Léviathans,
Et désirant le ciel comme une étrange opale.

C'est ainsi que je passe au large des chemins.
Je suis tout et si peu, marin et réceleur.
Effleurez mon visage, ô branches du malheur !
N'attendez pas ce soir la venue des jasmins.

Pontbriand dans Poésie.
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