Oranges et robe blanche (concours)

Le vent, dans son galop, malmène les blanches ramures,
Craquant est le chemin qui rêve de fleurs,
Peu importe à loiseau, la tête glissée sous laile, il dort.
La rivière a des frissons luisants comme des truites,
Ses berges sont piquées de grandes herbes livides,
De saules tourmentés, tristes et dénudés,
Sous lesquels, en été, on aimait se réfugier.
Seuls saventurent quelques lapins agiles
Dessinant de leurs pattes un graphisme épuré
Que la lune débonnaire éclaire doucement.

La nuit est pleine dombres mais derrière la porte de chêne
La lampe nous raconte des voyages de plein soleil,
Des voiles sur lazur et des beaux champs de blés.
La froidure opiniâtre peut mener ses assauts,
Les étincelles dans lâtre jaillissent avec gaieté,
Allumant des feux follets aux chevelures de miel.

Sur le plafond crayeux, la braise pose des couleurs
Eclaboussant au passage les meubles cirés,
Lhorloge patiente et les cuivres suspendus.
Des parfums de brioche, de vanille, de cannelle,
Séparpillent et senroulent en toute volupté,
Soulignant la courbe des mains calmes
Qui enlacent avec tendresse un bol de vin chaud.

Dans nos yeux éblouis, dansent des hirondelles,
Des étoiles décrochées du ciel de notre amour,
Nos deux cœurs sembrasent du feu de la passion,
Au soleil rouge de nos lèvres, lhiver se réchauffe.

lalavandiere dans Poésie.
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