Papa tu es beau.

Tu essuies ton front chaud,
Je fais du bruit pour que tu me vois.
Assis par terre à couper du bois,
Je te regarde papa, tu es beau.

Tu bats cette pâte, comme tu bats le mauvais sort.
Tu l’enfournes à la pelle pour en faire du pain.
Tu détournes les yeux quand je marche sur mes mains 
Et cette farine qui blanchit tout, comme la mort.

Et parfois la nuit tu te vois pétrir ma jambe.
Tu te crois en faute et tu t'en veux
Espérant peut-être un miracle pour ton vœu,
Qu'un jour debout la joie en nous flambe.

Résigné devant le foyer qui brûle,
Tes larmes en buées font dorer la croûte.
Je te tends les copeaux, je suis en plein doute,
Je ne pleure plus mais au fond j'hurle.

Ta rage crache le feu du four à gueulard
Tu oublies ta fournée qui crame tout espoir.
Les yeux rouges, fourbu, tu m'évites de voir,
Le pain noir qui déchire ton cœur au poignard.

23 Sep 2012

Omar de Lyon dans Poésie.
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