PARALLAXE

PARALLAXE

La sphère exagérée des contraintes a pivoté sur l'axe du désastre.
Des anicroches soufflent sur l'azur
Et des aéroplanes décrochent.
De proche en proche
Des êtres aux inanimés desseins
S'accrochent à de stupéfiantes putains;
Des chasseurs anorexiques tuent pour se sentir vivant;
Des joueurs épileptiques accros aux trépas virtuels observent cependant
De belles alanguies à l'ombre d'un printemps trop précoce
Loin du grand méchant.  
Acculées par une poussive entropie
Des espèces subtiles basculent dans le gouffre de la disparition;
Il est l'heure de fermer réfectoires et cantines,
Salles à manger, cuisines et restaurants.
Des conglomérats s'agglutinent,
Des masses s'agglomèrent à proximité des bunkers
Et endroits jadis affectés aux mines.
De symbiotiques algorithmes s'auto-répliquent singulièrement.
L'on entend désormais chaque bit
Et même l'on entrevoit
Des progénitures hirsutes et des cyber-soldats.
Heure dystopique moins une minute,
C'est le moment de presser le pas
avant qu'une dernière fois sur le globe ne résonnent
Les sirènes assourdissantes du glas.  

Gaspard Collal dans Poésie.
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