Paris se regardant le nombril

Paris, gainée dans sa robe d'organdi blanc
Étend sa lourde traine toujours plus avant 
Sur la morne campagne qui borde ses contours
Dans un bruissement d'eau, de parpaing, de velours.

Quelle jolie vision que cette ogresse blanche
Dont le sourire mutin et la ligne des hanches
A fait tourner la tête à tant d'amants rêveurs,
A tant d'amantes aussi d'une non moindre ardeur

Et les a englouti dans son métro puant,
A détourné leurs yeux de la belle Province,
Et leur a murmuré que le soleil levant
Ne répand sa lumière que sur ses traits charmants.

"Dans l'espace de mes bras vous n'avez rien à craindre,
Mais dehors tout est sombre, jamais on ne voit poindre
Une lueur d'espoir. Tout est noir et fatal."
Mais Paris, pourquoi ne voit-on pas chez toi les étoiles ?

Lucie Laval dans Poésie.
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