PETIT MATIN

Le gel écarte les goudrons
jusqu’aux démarches qui piétinent
des impatiences de béton
en variations itinérantes.
 
Dans les angles dégrafés des rues
quelques effractions du jour
poursuivent l’asphalte glissant
à coups de trottoirs surfréquentés.
 
La nuit blanchie
stagne ses gelées sur les verres
en surface de lune
 
Les poubelles transpirent
encore des clameurs déballées
dans une escorte d’olfaction
 
Quelques gélivures
lentement résorbées
décicatrisent les platanes
en pied de flaques à la tiédeur fumante
 
La lumière blême
ligote des silences aux écharpes
 
Le froid inaugure les grimaces
aux bouches rapiécées
par des respirations blafardes
à couvrir les mots
 
Au bout des poches
les doigts gourds
effleurent le sang
qui se murmure dans l’intouchable
 
Quelques rumeurs
ont la langue dure
concentrées par une démonstration
des températures sur les frimas de l’équivoque.
 
Le petit matin étire ses congères
et colle ses paumes aux carreaux de ses paupières.

DELAOUJESUIS dans Poésie.
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