PLUIE

tu as déplacé la lune
qui couve désormais un ciel fracturé
d’orages d’écorces et de feuilles
girouettes friables dans une controverse de sillages
 
dans le vent calcaire
la saison sèche
soulevée jusqu’à frôler la collision
avec son plafond d’écailles 


les soifs convergent
avec ces grimaces qui fouillent
la terre scindée
sous ses fantômes d’étoiles


avec ses suffocations tamisées
par les heures érodées
à coups de secondes calquées sur les minutes
 
mais sous sa nuée carbone le soir
serti de ses flétrissures
risque une respiration
ose une sueur
timide une moiteur
 
les nuages dérapent dans l’air chiffonné
ceinturant au dernier moment une marge de fraîcheur
qui s’offusque de sa soudaine comparution
 
alors j’arrose la nuit
pour faire de ce jardin
où la poussière bascule
ses derniers chevaux de bois
une circonstance de glaise
une pépinière aux paumes ouvertes
une paresse de rouille
 
tout recommence par la pluie

DELAOUJESUIS dans Poésie.
- 616 lectures - mention j'aime

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.