POURTANT ILS M`AIMAIENT

Ils m’avaient adopté à Noël,

J’étais heureux sous leur soleil.

J’étais un roi, j’en étais fier,  

Ils m’élevaient sans une frontière.

On se promenait, tels des copains,

On gambadait comme des lapins.

Je recevais mille caresses,

J’étais un ange de tendresse.

Je dormais dans chacun des lits,

En farfadet, sans faire de bruit.

On m’offrait des grappes de baisers,

Quand l’aube lançait ses premiers dés.

J’étais nourri comme un pacha,

Tous les jouets étaient pour moi.

Le temps passa, s’effilocha,

J’avais pris un peu trop de poids.

On fit bientôt plus cas de moi,

J’étais devenu sans mode d’emploi.

On me sortit pourtant une fois,

Je crus retrouver autrefois.

On m’attacha au pied d’un chêne,

La corde au cou, le ventre sous chaîne.

J’eus de la peine à respirer,

C’était pour rire, fallait jouer…

Le jour laissa fuir ses dorures,

Et l’orage tremper ma fourrure.

Mes oreilles ne furent que gouttières,

Ma queue tomba presque par terre.

Ils m’avaient tous oublié là,

Pour mon dernier alinéa.

J’attendis, la tristesse plate,

Qu’un nuage enveloppe ma patte.

Mais c’est un fusil qui me vit,

Une balle débile, adieu la vie…

 

Les humains n’ont-ils que de petites ailes ?

Leur cœur se fane-t-il, au troisième Noël ?

Pourtant ils m’aimaient….

Du moins, je le croyais…

 

 

 

ange dans Poésie.
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