Qu'y a-t-il derrière la porte d'une classe?

Qu'y a-t-il derrière la porte d'une classe ?...Il y a des enfants, beaucoup d'enfants, des grands, des petits, des moyens, des beaux ils sont tous beaux, des intelligents, des faibles, des hésitants, des timides, des effrontés, des alunis, des rêveurs, des incompris, des malheureux, des qu'on appelle les nuls, dont on ne fera rien, dont on ne tire rien, qui désespèrent parents et professeurs... et puis ceux qui ont l'oeil brillant, qui s'intéressent à tout, qui se goinfrent de tout, qui ont un appétit de vivre hallucinant, qui inventent des histoires, qui adorent les mots, qui veulent plaire aux maîtres, qui ne pensent qu'à la réussite, qui sont déjà des petits monstres, dévorant les livres, les maîtres, les parents, la société,.. .et puis il y a les génies, drôles, mais aussi ceux qui sont tristes, désabusés, pour qui ne compte que la note, pour qui l'évaluation ce n'est qu'une question de vie ou de mort, des têtes bien faites, bien pleines, bien rangées dans des tiroirs, qui sentent le chlore de la piscine et le chloroforme des genoux couronnés, la douleur des dents cassées à la récré, des rêves immolés sur l'autel de l'incompréhension, du mépris, des remarques affreuses, odieuses, qui font mal de la part des p'tits copains, du meilleur ami, du copain de la classe supérieure, de la maîtresse qui surveille la cour, et qui n'est pas commode, toujours à râler, à crier : et pourquoi tu fais çà, et pourquoi tu ne fais pas çà, et pourquoi tu n'es pas comme les autres , et comment tu t'appelles, et combien de frères , de sœurs tu as.. .As tu un papa, une maman, des oncles, tantes, cousins,
un demi-frère, un beau-papa, une grand-mère qui te garde le mercredi, ou pendant 15 jours pendant que tes parents se la coulent douce au Guatemala, en Guadeloupe, à Malte... Et qui te fait faire les devoirs; est-ce que tu as appris tes leçons, rangé ta chambre, ton pupitre, effacé le tableau, changé l'eau des fleurs, distribué les cahiers, sauté à cloche-pied, fait du roller, joué au foot, à la marelle, vêtue dune longue jupe et de sandales qui glissent au risque de te casser la figure, et au chat perché, sais-tu compter jusquà 20, 30, 100 ?...

(Extrait du journal de linstit) 2002

Nanouelle dans Poésie.
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