Sang-mêlé

Sur le comptoir d’un bar mondain
Se croisèrent deux verres de vin.
Le premier au teint livide
Se tenait encore sur pied à moitié vide.

Le second verre, à moitié plein
Au bouquet plus raffiné,
Décelait chez son voisin
Un relent bouchonné

Ivre de mauvais vin
La moitié vide, mais déjà pleine
Cherchait à noyer quoiqu’il advienne
Les cicatrices d’un ancien chagrin

Pourtant qui aurait cru
Qu’un jour le destin unirait
Un château grand cru
Avec un vin mauvais.

Sur le zinc du bar mondain,
Une maladresse coucha les deux verres
Ainsi, les deux vins se mélangèrent,

Jusqu’à se marier, et s’unir
Pour n’en former qu’un,
Pour le meilleur, comme pour le pire.

carpenter60 dans Poésie.
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