(sans titre)

Paraît qu'elle est en ville, la petite tortionnaire
dont le coeur est marbré et qui punit nos chairs
j'ai entendu des vieux rire de nos troubles idiots
nous traiter d'imbéciles, de jeunes fous de chiots
Paraît qu'elle tourne crue, qu'elle nous cassera les reins
nous cramera la sainteté et qu'on aura l'air fins
j'ai craché j'ai sué, j'en ai rien eu à battre
alors j'y suis allé j'ai battu mon cœur plâtre
J'ai sauté dans les flaques, me suis voulu plus grand
personne s'est retourné, j'ai souri toutes mes dents
y a plus que le bonheur qui pourrait me trahir
je la sens cette odeur, c'est l'odeur du plaisir
On s'est tatoué les bras, on a joué aux héros
on a vaille que vaille méprisé les chaos
aux grands vents intérieurs qui nous prennent le bide
les torrents de douleur et les reflets acides
Le sommeil en suspens et mon âme qui s'agite
on s'est pris par la main on a soldé la fuite
on a bu des frontières enjambé des folies
on aurait pris la mer qu'on s'en serait pas mieux... sortis
Mais le prix à payer pour ce joli dessein
n'est pas le sang versé ni la merde ni rien
j'appuie sur tes souvenirs et tu roules des larmes
sacrifie tes vertus comme renoncent les femmes
Paraît qu'un étendard suffit à la dompter
t'as bien envie mon pote, bien envie d'essayer
elle est belle comme un ciel qui se ferait violence
bonne âme fatiguée tirant sa révérence
Elle a rompu des charmes tandis qu'on doutait
voilà bien comme les hommes se méprennent à compter
tohuter les idées, bohuter la foudre
graviter les sentiers, les tendresses à résoudre !
Faudra étouffer les feux, les charniers du désordre
du mal-être intérieur, faudra cracher des ordres
rouler dans la poussière comme un calciné
dériver sur l'océan des grands rêves noyés
Il faudra bien des siècles pour s'en remettre un peu
tourner nos regards vides vers de tristes cieux
on aura des amantes et elles ventres féconds
étireront le siècle et créeront la torsion
Paraît qu'en ville les reines sont priées d'êtres plaintes
elle peinent à s'amuser comme leur corps les esquinte
les amours qui les usent comme à Dieu nos orgueils
mangeront leur beauté, dent pour dent et mon œil
Paraît quelle est en chasse, qu'elle a trouvé sa proie
la vengeance est un plat qui se mêle d'effroi
elle a creusé des trappes, piégé des affamés
elle est la Raison pure, l'Amour est à blâmer
Elle est ma dormante qui sort de la nuit
elle est l'alpha des enfers, l'audace et le bruit
le tonnerre de midi, le paradis en plus saoul,
je l'aime comme en vrai on s'enivre jusqu'au bout.

olivedzep dans Poésie.
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