SECHERESSE

Des arbres font les morts
droits percutés par l’immobile
du manque
 
Cernés dans le contemplatif
qui les use jusqu’à l’écorce
ils abusent de leurs ombres
 
Caduques dans leur nudité
ils pavoisent statiques
bernés de la lente érosion de leurs racines
 
Stoïques stylites
ils souffrent d’une saison claustrée
dans son ciel de sciure
 
Dépenaillés aspirant l’écart
ils se crispent
conspués par les vents expirant
 
Coffrés par un rachitisme
qui se nourrit de leur territoire
ils somnolent au gré mauvais
 
Amaigris dans l’aléatoire
des soifs intérimaires
ils s’offusquent patiemment
 
Disloqués jusqu’à l’à-peu-près
ils vacillent dans le debout
du presque végétal
 
Dans l’erratique des températures
ils effeuillent l’écorce éprouvée
par leurs contrites certitudes
 
Silhouettes tombantes
dans le désarçonné soir
ils dépassent l’autisme vers l’épitaphe

DELAOUJESUIS dans Poésie.
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