Sexe et feuilles vernies.

De la nuit, de sa gorge de feux voraces et morts,
Du cœur du chœur lequel au creux de l'ombre crépite ses chants secs,
Ma cigale des blés, ma gerbe d'herbe tendre, mon parfum de bouquet,
Me vient l'idée de toi comme un cri dans le roc,
Comme une fissure, une larme de sang...

Mon ciel de pluie, j'aime en toi le silence qui fait frémir ta bouche,
Onduler la soie de tes lèvres et moire ce sourire
Que je devine dans la pâleur de la lune qui se lève,
Comme mon sexe dans ta main de fillette...

C'est de toi et de tout ce que ton corps allume: herbes, astres, tapis que font fleurir tes pieds (ces lutins nus et roses, ces flammèches), murs qui capturent ton ombre et en fondent d'amour,et, que tu frôles, ainsi que l'esquif la rose couronne de corail, les bibelots qui se mettent a scintiller pour te plaire, le dauphin de verre qui bondit de tendresse et de pure joie dans ton œil ...

Et les fleurs des champs et la terre brune,
Et les volutes bleues des robes que ton corps dévoile:
C'est de tout cela, de ce décor que tes fastes dessinent, imposent,
Évidents, comblés de charme que naît le pur symbole du cul...

Ce soir, ma tendresse, je revivrai sur ta peau et tes souffles,
Ce soir, de ton miel doux, je serai ivre
Nous danserons tous deux ce soir sous l'or fou de la Lampe
Nos corps seront mouillés de la pluie du désir
Gonflée sera ta bouche de morsures et de fièvre.

Tu verras, ma poupée, je suis un mage Noir
Je sais les vieux soupirs des pierres,
Je sais les anciens sorts et les secrets des vents,
Ce soir, ô mon amour, avec les étoiles
Sur nos draps déchirés couchera la Magie..


Et que la maladie, la lèpre, aille au diable !
Ô ce soir, ma chérie, tu vêtiras de boucles et de peau
Mon rêve, ce grand rêve, ce rêve que poursuit si désespérément
Ce cœur si fort battant sous la peau de ton gosse !
Ce soir, ma désirée, je goûterai au creux
De tes seins, ô mon buisson de myrte,
Le parfum et l'angoisse mauve.

Et la paix, la paix tellement profonde
Que la mer et ses colères, ses houppes lourdes
Et ses bateaux, ses rages noires et ses fumées
S'éteint,
Se calme, devient soupir, frissons de feuilles :
Enveloppante paix que réclame la chair...

Freddie.

lovely33 dans Poésie.
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