Silence (II)

Je suis Douceur
Discours silencieux du cœur
Je suis le silence du souffle du matin
Infinie caresse dans l’aube
Qui sans nul bruit
Se pose sur la lobélie à peine éclose
Au bleu insoucieux
D’une nuit de satin

                       Pourrai-je profiter un jour de ce silence ?

Je suis Lenteur
Rythme délicieux du cœur
Je suis le délice dans la beauté du monde
J’avance au son
De mon intériorité
Où l’indolence suspend le chant de la rose
Au clair des cieux
Sans l’absoluité immonde

                       Pourrai-je profiter un jour de ce silence ?

Je suis Bonheur
Concept harmonieux du cœur
Je suis la brise fraîche de l’intérieur
Le bruissement de la forêt
En rhapsodie
Source d’un froid sibérien donnant la vie
Je suis l’onde limpide d’une mélodie
Que soulève au loin le sable saharien
Sonnant le réveil de la dune
Inassouvie
Choralité dans un ordre supérieur
Je comprends la totalité du presque rien

                       Pourrai-je profiter un jour de ce silence ?
                       L’absolu m’emmusèle
                       Au pied du bavardage
                       Et la lucidité devient ma turbulence
                       Qu’un vent chaud plein de zèle
                       Pousse dans le feuillage

Je suis Silence
Pour l’éloge de la parole
Je maintiens le calme au centre d’un ciel azur
Pour un seul mot
Dont l’écho sera entendu
Je détiens dans les mains la chair originelle
De cette horloge
Qui ne donne plus la mesure

                       Mon cœur bat
                       Le pouls me parle au clair du silence

Je suis Parole
Pour l’éloge d’un long silence
Je relie le périhélie à l’aphélie
Dévoilant de purs sentiments
Inattendus
Je contemple l’univers émotionnel
Où le sacré se loge
Au cœur d’une embellie


2016 ~ © M2L – Manache Poetry

Manache Poetry dans Poésie.
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