Sourire esquissé... sourire Kabyle

SOURIRE ESQUISSE


La balafre est jaune coquille ou tout au moins aurait pu l'être.
L'orangé, cocon, contraste avec l'opinel
Qui a du sang de la terre sur la lame
Il a permis : le sourire kabyle
La balafre a sa propre musique
L'homme coupé en deux, le visage également
La "Pot et sie" deviennent son abri
Contre la peur du couteau contre la peau
La conscience a eu raison de la terreur,
L'espoir a malgré tout vaincu la peur.

A la lumière du jour le sourire kabyle
Nous faisons faire sept fois le tour
De notre langue dans notre bouche
Avant de lui dire bonjour
Comme  un autre nous – même
Qu'il n'est pas, qu'il n'est plus,
Aussi faire semblant ne le rend pas rend heureux
Ou plutôt si : ses bourreaux
Car à chaque lueur du jour
Son martyre recommence
Le sourire esquissé devient kabyle
Le cas bile esquissé du sourire
N'en est pas moins mortel
Même pour celui qui en réchappe :
Ils lui ont tué son sourire.

Fabien Rogier dans Poésie.
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