SOUS L’AURA DU SILENCE

Il ne parlait jamais, mais souriait souvent.

Il n’était pas très beau, il lui manquait des dents.

On se voyait parfois devant une pizza,

Que l’on se partageait pour un seul repas.

 

Il portait dans ses yeux des éclats de tendresse,

Ses gestes étaient très lents, telles de petites caresses.

Je lui confiais ma vie, mes échecs, mes carrefours,

Et ses doigts sur mon front balayaient mon discours.

 

Mes maux ne brûlaient plus, mon temps était guéri.

Il avait la passion des regards attendris.

Il chérissait la vie d’un silence infini

Et les heures avançaient, nous berçant en amis.

 

On se fixait longtemps avec un tel amour,

Que le mot impuissant dormait aux alentours.

Une paix, sans détour, m’apportait son velours,

Nos deux cœurs cheminaient sur le même parcours.

 

Sa présence était telle qu’elle me donnait l’espoir,

D’un monde sans pareil qui saurait concevoir,

Autre chose que des guerres, du sang, des rejets,

Mais une entente claire et sans gros perroquets.

 

Il m’offrait très souvent des gemmes constellées,

Qu’il avait rapportées de lointaines contrées.

Son nom restait mystère, son logis aussi.

Je me sentais vibrer près de son énergie.

 

Un soir, sur une terrasse, un oiseau de blancheur,

Vint se poser, sans peur, sur mon ami songeur.

Il effleura ses plumes, en baisers alanguis,

Et d’une voix de brume soudain, il me sortit :

« C’EST BEAU,  MOI JE DIS »

 

Je ne l’ai point revu, il savait donc parler,

Mais depuis quand déjà avait-il refusé,

Le dialogue et le mot et pour fuir qu’elle épée ?

Sous l’aura du silence, il était protégé….

 

 

 

 

 

 

 

ange dans Poésie.
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