SPARADRAP

SPARADRAP
 
                                                                                  J’ai dîné avec moi-même
Et une compagnie de chats
Un certain soir de Noël
La bouche pleine de sparadrap.
Les bras ballants en ritournelle
J’avais dû exprimer des joies,
Mais lesquelles je ne le sais pas,
Assis en position chandelle,
Les pieds comme des manivelles,
J’avais tout oublié je crois.
 
                                                                 Je pensais,                                                                  
 Sans transition ma foi,
Nourrissait-on toujours
                                                                         La vieille pute qui à désaccordé le La
                                      Ou suppliait-elle qu’on l’achève                                  
Au round up
Pour mieux qu’elle empreinte
Les voix de la souffrance
Sept fois ?
 
J’ai dîné avec moi-même
Et une compagnie de chats
Un certain soir de Noël
La bouche pleine de sparadrap.
J’ai découvert un carrousel
Du rien,
De l’inutile,
De la médiocrité,
Des ordures ménagères
Et de l’avidité des rats.
    Ai-je épuisé mon temps de déambulation
      Au sein de la cour du semblant
      Ou suis-je encore assez vigilant
Pour refuser les mots
Du grand endoctrinement ?

Gaspard Collal dans Poésie.
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