Supplément aux Voyages Extraordinaires

C’était un volume à épaisse couverture rouge et or
Comme on imagine les grimoires de mauvais sorts
Un bouquin que lisent et relisent liseurs en légions
Pour voir le globe de sous d’impénétrables régions

Survoler à poignée de semaine les taillis de nopals
S’envolant un ballon aux cimes de mines d’opale
Des marchés de Zanzibar jusqu’au fleuve Sénégal
 Où la Victoria toute expirée mourra hors de Galles

Descendre dans les conduits du Sneffels islandais
Entre les lactaires fossiles de trente pieds grandets
Puis se perdre dans la houle des mers souterraines
Avant que l’âtre strombolien ne nous en déprenne

A bord du Nautilus par vingt mille lieues de fond
Proie des hydres de Neptune d’ichthyens griffons
De l’aqueduc d’Atlantide aux séracs de l’Arctique
Sombrent d’un maelstrom les machines nautiques

Suivre le rayon vert plongeant au sphinx de glace
L’étoile du sud étincelant sur les neiges de l’Atlas
Plus que les Indes noires quatre-vingt jours durant
Pour d’ivrognes illuminés qui s’écartèrent du rang

Tous ses docteurs ses publicistes ou ses capitaines
Ses îles perdues ses déserts ses orgues de disthène
Ses fables à hélices à ailes à moteur ou à gouverne
Sont pour les verniens les génies de ce Jules Verne


Aubin VERILHAC
Extrait - Le Fruit des Myrtes, Ed. Edilivre (2016)

Aubin Verilhac dans Poésie.
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