Ton Sadinet...

Ton sexe est un jardin de roses
Et les rais que le soleil pose
Sur ton pelage et sa moiteur
Donne à ton sexe vers le soir
Quand ta paupière s’entre-close
Un air mystique d'ostensoir...

Sur son cresson l'ambre sanglote,
Des groseilles qui semblent d'or,
Bouche de reine qui s'endort
Lèvres figées de l’opiomane:
Ton sexe est le Saint qui me damne
Et me brûle l'âme et le corps.

C'est un pétale qui flamboie,
C'est d'une plaie, d'une morsure
Le luisant cruel et si doux,
Coquillage qui me murmure
Le chant secret de tes émois
Quand je me noie dans sa saumure...

Je rêve sa moiteur et qu'il est d'un hamac
Où le mousse s'endort le dodelinement
De ton sadinet clos enfouie sous la soie fine.
J'imagine une fleur bercée pareillement
Que posa, pensive, de sa main, doucement
Une fillette nue sur l'eau brune d'un lac
Et qu'un dernier rayon du jour mourant câline...

J'ai soif de ce beau fruit qui éclate à mes lèvres
Cet infini de sang et de pâle rosée,
L'ange de l'éternel y a-t-il déposé
L'arcane des Lilas et la source des fièvres ?

Est-ce là le Delta où en troupeaux pressés
Déferlent les rouleaux de cornes de nos rêves
Et où s'épanche enfin des poitrines oppressées
Ce haut cri de bonheur qui éclate à tes lèvres ?

C'est l'intime tiédeur d'un nid, c'est la coulure
D'ambre le long d'un tronc, c'est le profond cœur même
Où bat notre folie et c'est le feu saint-Elme
Qui fait briller tes dents.La douceur des fourrures

Et des herbes mouillées, le miel et le saint Chrême,
La vierge ensanglantée de fer de la saint-vehme.
C'est l'encens et le nard, c'est la crèche et la pure
Extase qu'en s'ouvrant ton sexe fauve sème !

J'aime son parfum de fougère
Et ses paresseux remuements
Girandoles de firmament
Voie lactée, ô mon écuyère
J'aime que tes chevauchements
Me transportent au milieu des sphères!

Emmanuel-Frédéric.

Emmanuel dans Poésie.
- 1154 lectures - mention j'aime

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.