TOUS DIFFERENTS, TOUS FRERES (suite)

Le lendemain de cette conversation, Tchang n'étant pas en classe, son institutrice téléphona à ses parents afin de savoir la raison de son absence. Sa maman, très étonnée, commença par s'affoler.
L'institutrice la calma et lui proposa de refaire le chemin parcouru par le petit Tchang.

Quelle fut alors leur surprise de trouver le petit garçon dans le parc, près du domicile de ses parents, en train de creuser la terre ave une cuillère.

- Mais que fais tu là ? demanda sa maman.

- Je creuse la terre pour aller voir mon grand père pour Noël.

Devant cette réponse si pleine de conviction, la maman de Tchang le prit dans ses bras et le serra très fort contre son cœur.

- Tu sais, mon petit Tchang, même si la Cine est de l'autre côté de la terre, il faut des jours pour y parvenir.

- Mais je voudrais revoir mon grand père.

- Allez, va vite à l'école, on en rediscutera.

Le regard embué de larmes, Tchang pris le chemin de l'école, mais son cœur restait à des milliers de kilomètres de là.


Le soir de ce même jour, Dimitri entreprit d'écrire à son papa :

"Mon cher papa,

C'est bientôt Noël, et je voudrais que tu reviennes avec nous, avec ton beau camion.
Tu trouveras un cadeau sous l sapin.
S'il te plaît, viens. Je t'embrasse très fort.
Ton fils Dimitri qui t'aime.
Dimitri"

Et l'enfant porta lui-même cette lettre à la poste, avec pour seule adresse :

Au papa de Dimitri
Dans son beau camion rouge

La postière sourit avec  attendrissement et mit la lettre de côté.


Farid, si raisonnable pour son âge, se demandait comment faire pour que son papa trouve du travail.

Cela le rendait rêveur pendant les cours.
Il échafaudait des plans, tous plus ingénieux les uns que les autres.

En sortant de l'école, Farid ne rentra pas tout de suite à la maison. Il se rendit à l'usine à côté de chez lui et demanda à voir le "Monsieur Directeur".

Evidemment, gentiment, mais fermement, on lui dit de rentrer chez lui car il n'avait rien à fair là.

Tous les jours, pendant une semaine, Farid renouvela sa démarche.

Finalement, fatigué de cette persévérance, et plutôt pour se débarrasser, le Directeur accepta de recevoir le petit garçon.

- Alors, mon petit garçon, qu'est ce que tu veux ? Pourquoi viens-tu tous les jours ?

- Je voudrais que mon papa trouve du travail.

- Et tu crois que je peux faire quelque chose ?

- Oh ! oui, "Monsieur le Directeur".

- Rentre chez toi, mon bonhomme. Tu es bien gentil, mais je ne peux rien faire pour ton papa.

Tristement, le petit garçon retourna chez lui, pensant que le monde était bien cruel.


Quand à Jérémy qui souhaitait tant le retour de sa maman, il allait tous les jours la voir à l'hôpital avec son papa et sa petite sœur.
Il ne disait rien, mais l'absence de sa maman lui pesait tous les jours de plus en plus.


Ces quatre enfants, endurcis, tout jeunes par des épreuves différentes ne parlèrent plus de Noël ; mais ils attendaient ce jour avec impatience, comme des millions d'autres enfants dans le monde.

S'ils avaient écrit une lettre au "père Noël", elle aurait été exceptionnelle.

A suivre...

douce rose dans Poésie.
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