Une vision sous un charme

Je m’étais assoupi à l’ombre d’un charme,
Lorsqu’un merle chanteur fit son apparition
(A moins qu’il ne s’agissait d’une pie de Parme)
Le trouble m’envahissait devant cette étrange vision.

Faible et fatigué par une journée de dur labeur,
En son bec un brin qui ressemblait à de la lavande
(A moins qu’il ne s’agissait d’une simple branche en fleur)
Et mon regard se posait à l’horizon des terres de Lande.

Je crois que c’était l’aurore d’un des premiers jours de l’été
Le soleil avait ce teint si fantomatique à l’ombre d’une nuée
(A moins qu’il ne s’agissait d’une nuit hivernale oubliée)
Je pensais à l’amour éperdu qui dans l’air s’évaporait.

Le temps, sur maint précieux de la vie, s’écoulait lentement,
Les douze coups au loin sonnaient du haut d’un clocher
(A moins qu’il ne s’agissait d’un vieux beffroi délabré et blanc)
Des anges soufflaient sur les cotonneuses qui passaient.

Je m’étais assoupi à l’ombre d’un charme,
Lorsqu’un merle chanteur fit son apparition
(A moins qu’il ne s’agissait d’une pie de Parme)
Le trouble m’envahissait devant cette étrange vision.

Hubert-Tadéo Félizé dans Poésie.
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