Vent à rebours...


Le vent est venu  surprendre  la nuit
Tirant du bout de l’instant
Sur ce voile maculé de douleur
Incitant à partager sans façon son verre
Élixir de lumière et de temps
A satiété allons boire, dit-il
 À la mémoire de la fertilité de nos rêves d’enfants
Allons vider nos cœurs dans la coupe des ruelles basanées
Arrosées de notre tendre sueur de lait
 Ruelles où nous courions autrefois bon enfant
Jonglant de sourires  et de ballons
Allons humecter nos lèvres desséchées de soupirs amers
Au ras desquelles gisent nos points d’incompréhensions
Allons tremper l’épiderme rabougri de nos idées figées d’effroi
Dans la source de nos rêves d’antan…
Là où  ventait autrefois le chant de l’espoir
Quand nos âmes enfantines asservissaient le désespoir
Inondées d’un ciel bleu où brillait tant de bonheur
Nous manquions pourtant de pain !
Dans le silence de cette heure du soir
Le trouverais-je au fond de ton souffle 
Oh vent, ce bonheur?
Ferais-je corps avec lui mon amour perdu avec la dernière pluie
Des frissons juvéniles sincères
Nous deux scellés en une même prière
A l’abri du monde de ces dieux, hommes parmi nous
Ayant perdu l’Homme en eux, anthropophages fous !
Oh vent !combien j’aimerais glisser sur tes élans
Vers ces terres heureuses du passé
Chaque fois qu’il fait noir dans mon temps
Là où s’anime et se développe
Fermente et monte le souvenir dans la mémoire !
Tant de choses
Que ce présent prédateur de vie a réussi à faire taire !
Dieu de vie nimbé de bleu et de lumière
Faites que dans les murs de l’avenir incertain
Éclatent en saignées des chemins
de rires…HZ

zoraicha dans Poésie.
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