Vieillir n est qu un verbe...

Vieillir n'est qu’un verbe

J'ai perdu l'automne de ma chevelure,
Mon front s'est ligné, sans aucune écriture.
Quelques kilos s'amusent sur mon ventre et mes hanches,
Et mes seins deviennent lourds, c'est pourquoi ils se penchent.


Très longtemps…

J'ai inventé l'amour, sans jamais le croiser,
J'en ai fait des romans qui n'ont jamais cessés.
Je me suis accrochée aux pouvoirs de "toujours"
Ne pensant qu'à rêver pour fuir ceux qui sont sourds
J'ai butiné l'amant, l'impossible et le sexe,
Cherchant, après le corps, des miettes de tendresse.
J'ai visité le monde, sa détresse, sa candeur,
Ses erreurs, son bonheur, et ses trous de malheur.
Et je suis revenue, voyageuse des confins,
Et je n’ai plus bougé comme si j'avais fait le plein.
Je me suis enterrée sous des mots sans avenir,
Pigeon sachant voler, bien au-dessus du pire.
J'attendais le sommeil,  j'imaginais le ciel,
J'espérais le brouillard pour y noyer mes ailes.
Et puis… entre cent noms, cent  visages gommés,
Des idées trop hard aux vêtements trop usés,
M'est parvenu ta vie, aux couleurs de la mienne,
M'est parvenu ton temps, sosie de ma peine.
J'ai oublié vingt ans, soixante et puis encore,
Encore toutes mes plaies qui ne furent que décor.
Emue et balbutiante, je t'ai offert  mon sang,
Comme on donne un trésor qui n'a aucun diamant.
On a tissé ensemble le tapis de confiance,
l'Amitié sans limite et l'Amour en semence.
Vieillir, auprès de toi, me semble un paradis,
Mes lèvres ne se fanent plus, je me sens agrandie.
Te dire MERCI n'est rien qu'un mot parmi tant d'autres
Qui voudraient tatouer les souvenirs qui sont nôtres.
Vieillir n'est plus qu'un verbe, esclave de l'amour,
Ternir en est un autre qui n'est point maître du jour.



Mahlya
      

ange dans Poésie.
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