Vignobles du Médoc (II)

Ce texte est une réponse à Vignobles du Médoc de Hubert-Tadéo Félizé.
II


Au petit matin tranquille, la rosée perle
Sous le rire moqueur d'un beau merle
Attention, prenez garde charmantes grappes
De peur que cet oiseau se pose et vous attrape.

Les vrilles de la vigne s'entrelacent lentement,
Les ceps majestueux tendent leurs branches
Où peuvent se poser les pervenches
Car ces diamants éternels les attirent surement.

De ma bouche assoiffée, je goûte le suc des raisins,
Enivrant comme le tourbillon de la vie.
Allongé entre deux lignes de ceps, je vis,
Le merle s'enfuir au bec, une tigelle de lin.

Moqueuse – une hirondelle annonce la pluie
Pour demain, ou serait-ce pour cet après-midi ?
Sur la fleur, posée, une abeille s'affaire et butine
Et s’éloigne comme une honteuse au bruit d'une bottine.

Les vrilles de la vigne s’entrelacent doucement,
Aux effluves capiteux, magnifient nos sentiments,
L’un pour l’autre, l’un contre l’autre, animation
De nos désirs brûlants, outrance exagération.

De ma bouche assoiffée, je vole un baiser
De mes mains empressées, je t'offre une grappe
Et je regarde ta peau légèrement colorée
Je croise les doigts de peur que le temps nous rattrape.

Bacchus veille sur les colonnes de ceps, discrètement
Et nous deux, dans un plaisir partagé, goulument
Nous nous embrassons, la bouche ivre de raisins,
A nos lèvres impatientes, par une journée sans fin.

Hubert-Tadéo Félizé dans Poésie.
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