Ville d' YS

YS .

Quand la nuit descend ses voiles de tulle sombres sur la Mer d’Iroise ,
Près des lames furibondes, parsemées de récifs, les jours de pleine lune , 
Là où finit la terre , Séléné dépose un rayon , sur des vagues d’écume ,
Faisant naître sur les flots, des paillettes d’argent et des rêves turquoise ,

Dans la Baie des âmes Trépassées , sur le sable se repose une sirène ,
Dans sa blanche robe d’écailles, coiffant ses longues boucles d’or ,
Sous le regard des pêcheurs, et des barques égarées loin du port ,
Allongée sur son flanc, sa chevelure tombante , ornée d’un diadème .

Ville d’Ys , citée perdue, quand l’océan s’apaise et qu’il devient très doux ,
Les âmes se souviennent , d’un cheval de mer noir et ses naseaux de feu ,
La cuirasse ruisselante d’une reine nordique , et  son roi, sous les cieux ,
Enfourchés à Morvarc’h ,volants sur des crêtes d’écume sous un vent fou,

Dahut , fille de Gradlon et de Malgven , venue au monde sur un bateau ,
Tes amants aux masques noirs tragiques , dorment sur le lit des eaux ,
Tombés au chant de l’alouette , dans les abysses des vagues éternelles,
Avant qu’une vague t’emporte , et engloutisse , ton antique citadelle ,

Il n’est pas de secret bien gardé , quand on dérobe la clé d’un tiroir ,
Et les murailles se brisent , et se cassent, engloutissant l’espoir ,
Au temps qui passe , il existe un escalier qui descend vers les abysses,
Connu seul des marins et des princesses , nées d’une fleur de lys ,

Près de la pointe du Raz, quand l’océan se repose , certains soirs,
On voit sortir de l’eau, dans la lumière, les pointes des clochers des églises ,
Qui tintent pour les âmes perdues que la mer a reprises , Ville d’Ys, mon emprise ,
Le chant d’une sirène , femme de l’Autre Monde, éclaire comme un phare .

©Jeanine Chatelain – 4 février 2018 .

« Océan, bel Océan bleu, roule moi sur le sable, je suis ta fiancée, Océan, bel Océan bleu. Je suis née sur la mer, dans les vagues et l’écume, quand j’étais enfant je jouais avec toi. Océan, bel Océan bleu, roule moi sur le sable, je suis ta fiancée, Océan, bel Océan bleu. Océan, toi qui retourne comme tu le veux bateaux et hommes, donne moi les navires somptueux des naufrages et leurs richesses, or et trésors. Fais venir dans ma ville de beaux marins que je pourrai regarder. Ne sois pas jaloux, je te les rendrai l’un après l’autre. Océan, bel Océan bleu, roule moi sur le sable,  je suis ta fiancée, Océan, bel Océan bleu. » (Légende  de la ville d’Ys)

Picardie dans Poésie.
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