violence

Je lui enfoncerais ce pieu  jusqu’à la garde ; il ne méritait que cela ; la raison profonde de ce geste indélicat et hargneux en était cette intime blessure que j’avais ressenties entre mes cuisses et mes muscles quand il m’avait violée ardemment dans les fourrés lorsque j’avais seize ans. Toutes des violences faites aux femmes… et moi … mon père ce héros… dorénavant,  je le haïssais plus que tout… tant de larmes versées sur ce virginal hymen perdu lors de cet inceste avec cet animal. Mon vagin en parlait et parle encore, il hurlait et se déchirait sous ses coups de boutoir…mon sexe était sec et dur comme de la pierre, de la roche noire il rendait coup pour coup, il était tendu jusqu’à la garde ; toujours aux aguets quand un homme rôdait autour de moi… pourtant j’étais frivole et ne craignais aucune aventure  sans lendemains, mais seulement sans lendemains. J’acceptais ces sexes, ces pénis différents du mien, pourtant encore puérils à mes yeux, je n’aimais que les jeunes hommes. Malgré ces tares j’ai enfin trouvée ma place, l’amour d’une femme, la mort d’un père  et le bonheur d’enfanter un jeune garçon prénommé « Esperanto ». Si je puis dire je rentrais enfin dans une case.


La tête de métal je te l’ai enfoncé dans la gueule ; jusqu’à ce que ses muscles du visage se mirent à exploser. Plus aucun rictus venant de ta part. Plus jamais tu ne rendis mot pour mot à mes phrases. Enfin seul, je pouvais soliloquer sans avoir nul besoin de dialogue envers et avec autrui. Pourtant j’étais et je restais tendu, nerveux… angoissé par ce silence obtenu dans la clairvoyance d’une colère exacerbée.

Fabien Rogier dans Poésie.
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