Harry à Hermione, janvier

Ce texte est une réponse à Sommaire des Correspondances Inédites de Lucie Laval.
Ma très chère Hermione,

Il neige tant ce matin qu’en découvrant les congères devant ma porte et mes fenêtres en me levant, je me suis cru un instant de retour à Poudlard. Te souviens-tu de nos traversées du parc quand nous venait l’envie de rendre visite à Hagrid ? Je ne regrette pas ses cookies, mais son thé n’était pas si mauvais et Crocdur nous faisait bien rire, à baver sur Ron. Parfois, j’aimerais qu’Hagrid vienne me tirer des griffes du Ministère comme il l’a fait le jour de mon onzième anniversaire. Depuis la sortie de l’article de Rita Skeeter, c’est l’enfer !

Je suppose que mon enfance d’orphelin « malheureux, sous-nourri, violenté, rejeté et mal-aimé des siens » ne t’a pas échappé dans la Gazette de mardi. J’ai téléphoné à Dudley hier soir : il m’a assuré n’avoir rien révélé sur moi. Je suppose que c’est cela qui lui a valu d’être décrit comme « un cochon poilu avec attaché-case ». Rien de bien méchant en soi, mais il a bien fallu que quelqu’un lui révèle ce qu’elle a publié dans le reste de son article. Comment a-t-elle pu savoir que la tante Marge prenait un malin plaisir à m’offrir des biscuits pour chien, ou que Dudley et sa bande mettaient des escargots dans mon plumier ? Comment a-t-elle découvert que je mangeais toujours des salsifis en boite périmés quand j’atterrissais chez Mrs Figg les jours où les Dursleys allaient au parc d’attraction ?

Depuis mardi, j’ai reçu douze coussins à câlins, onze boursouflets, au moins trente tablettes de chocolats, un chaton et trois demandes d’adoption. Les gens passent devant mon bureau et pensent me consoler de leurs regards les plus larmoyants. Ce matin, j’ai verrouillé la porte pour éviter ces visites aussi intempestives qu’inutiles, et sais-tu ce que l’on m’a envoyé ? De la poudre d’hilarité, au cas où je nourrirais de sombres pensées ! C’est à me faire regretter cette époque où nous étions pestiférés. Les Indésirables ! Si seulement les quinquagénaires pouvaient arrêter de me désirer, désormais… Même la rédaction de Sorcière-Hebdo se lasse de me voir à la tête du classement du meilleur couple sorcier-baguette. L’une de leurs journalistes m’a demandé par hibou si je pouvais cesser de m’afficher avec ma baguette magique. Le comble, pour un Auror !

Avec toute cette agitation, je peine à comprendre quoi que ce soit à cette histoire de crème canaris. Ron me dit qu’il n’a rien vu venir, car c’est Vicky qui gère les stocks à la boutique. Evidemment, Vicky ne s’est pas inquiété de voir les crèmes partir par dizaines : c’est un elfe de maison, il fait ce qu’on lui dit. Je ne le blâme pas. J’avais pourtant prévenu Ron : il sait très bien depuis la dernière coupe du monde que les produits de la boutique ne sont pas toujours utilisés pour faire rire les gens. Recourir à la poudre d'Obscurité Instantanée du Pérou pour empêcher un attrapeur de saisir le Vif d’Or, c’est une chose. Faire avaler de la crème canari à des moldus à leur insu, c’en est une autre, et pourtant tu sais à quel point j’aime le Quidditch !

Bref, comme tu le vois cette histoire est en train de me rendre dingue. Vivement notre prochaine promenade dans la Forêt de Dean. Fais-moi signe quand tu as du temps pour sortir de ton trou au Département des Mystères, et rendons justice non pas aux imbéciles qui s’en prennent à la Grunnings, mais aux arbres dénudés qui ont le mérite de ne pas avoir de langues pour nous couvrir d’absurdité. J'ai adoré l'article de Neville sur la photosynthèse, au fait. 

Sur ces mots, je te quitte : aller chercher Ginny au stade me fera du bien. Son Nimbus 2020 a promis à mon Eclair de Feu qu’il prendrait sa revanche.

Je t’embrasse,

Harry

Louknaille dans Correspondances inédites.
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