Le Grand méchant loup au Petit Chaperon Rouge

Ce texte est une réponse à Le Petit Chaperon Rouge à sa Grand-Mère de Lucie Laval.
Objet : Réclamation pour diffamation 
A l'attention du Petit Chaperon Rouge

Mademoiselle, 

Je vous écris ce jour car je suis absolument indigné par la lecture de votre dernier recueil de contes, Contes de l'enfance et du foyer, et en particulier par le récit en partie (je dis bien en partie) autobiographique que vous avez intitulé Le Petit Chaperon Rouge (ce qui dénote il me semble un caractère fort égocentrique). Votre stupide pseudonyme des "Frères Grimm" n'a trompé personne et je sais de source sure (je joue au bridge tous les dimanche avec votre grand-mère) que c'est bien vous l'auteure de ce torchon. 

En effet, vous y décrivez mon grand oncle Alfred comme un prédateur cruel et manipulateur. Aaah il a bon dos le mythe du grand méchant loup ! Mais je vous écris aujourd'hui pour faire barrage de ma plume à la discrimination et aux préjugés ! Ce cher Alfred fut lâchement assassiné par ce chasseur qui se mêle toujours des affaires des autres et qui n'a même pas son permis de chasse ! J'écume de rage rien qu'en y pensant. 

Par ailleurs, le portrait que vous faites de vous-même, qui est d'une mièvrerie à pleurer, est honteusement idyllique. Evidemment vous ne signalez pas à vos lecteurs qu'à ce jeune âge déjà, votre alcoolisme précoce vous avait déjà fait perdre deux dents ! Et que vous vous permettiez en plus de racketter la petite souris en échange de vos dents pourries dont elle ne savait que faire, la pauvre enfant...

La liste de vos crimes et de vos outrages est trop longue pour en faire ici l'inventaire... Mais je vous préviens que cela ne se passera pas comme ça : Alfred ne méritait pas une fin si barbare. Il s'était simplement proposé comme volontaire pour mettre fin aux douleurs rhumatismales de votre grand-mère, ce qui était déjà une belle preuve de son dévouement, et vous l'aviez traité, je cite, de "chien pouilleux" lorsque vous êtes ensuite arrivée. C'est pourquoi il a voulu vous infliger la punition que vous méritiez. Et si je ne contractais pas d'affreuses crampes d'estomac à chaque fois que je mange un enfant, je me ferais un plaisir de vous corriger de la même façon !

Veuillez agréer l'expression de mon plus profond mépris,

Le grand méchant loup, neveu. 

Lucie Laval dans Correspondances inédites.
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