Cats - The Musical

Cela fait déjà plusieurs semaines que l’œil jaune sur l’affiche de la comédie musicale Cats m’interpelle dans les couloirs du métro londonien –me fait de l’œil, allais-je dire. Cette semaine, une collègue a annoncé avoir pu assister à l’une des représentations. Son avis, toutefois, ne s’est pas avéré particulièrement flatteur.

Son témoignage a cependant ravivé quelques souvenirs dans mon esprit. N’avais-je pas déniché une représentation filmée de cette même comédie musicale il y a de cela quelques années ? N’étais-je pas moi aussi restée assez sceptique ?

J’ai donc pris la résolution de m’y replonger, et mettant la main sur la représentation filmée* en question, j’ai décidé de me forger ma propre opinion. Du talent des artistes actuellement en tournée dans plusieurs capitales européennes, je ne dirai rien, n’ayant pas eu la chance de les observer en live.

What the hell is going on?

La tribu des Jellicle Cats se rassemble pour un bal à la suite duquel sera désigné le chat qui renaîtra de ses cendres et pourra vivre une nouvelle vie. Voici donc que l’on nous présente quelques grands noms parmi les Jellicle : Jennyanydots, dite Gumbie Cat, la grosse chatte qui reste assise toute la journée ; Rum Tum Tugger, le séducteur, éternel insatisfait, dont le déhanché fait craquer toutes les minettes ; Grizabella, âgée et rejetée par ses semblables ; Bustopher Jones, le riche chat de St James Street** qui fréquente tous les clubs de Londres et devient un peu plus gras chaque jour ; et enfin deux malfrats, Mungojerrie and Rumpleteazer.

Entre alors en scène Old Deuteronomy, le patriarche des Jellicle, né avant la reine Victoria. On l’estime tant que s’il décide de s’installer dans une rue passante, on bloque l’accès aux voitures pour ne pas troubler son repos. La fête se poursuit et se terminera par la désignation par Old Deuteronomy du chat qui pourra renaître et bénéficier d’une vie nouvelle.

Un succès international inspiré de TS Eliot

Le franc succès de Cats n’est un scoop pour personne. La comédie musicale, créée par Andrew Lloyd Webber et représentée pour la première fois en 1981, continue d’attirer des milliers de spectateurs à travers le monde. Elle a été traduite dans plus de vingt langues et reste à ce jour la quatrième comédie musicale la plus jouée à Broadway. Pour information, les trois premières œuvres sont respectivement Le Fantôme de l’Opéra, Chicago et le Roi Lion.

Ce que j’ignorais, en revanche, est qu’elle est inspirée d’une œuvre de TS Eliot, Old Possum's Book of Practical Cats. Certains poèmes de ce recueil ont directement donné leur nom aux personnages et aux chansons de la comédie musicale. Les curieux pourront les retrouver à divers endroits sur le web. Si vous venez d’acquérir un matou et lui cherchez encore un nom, essayez celui-ci : The Naming of Cats (disponible en anglais sur Youtube).

Une mise en scène forte qui compense une intrigue légèrement décevante

Les chansons s’enchaînent. Les personnages défilent pendant la première demi-heure de spectacle. S’est-il passé quelque chose, hormis de longues présentations ? C’est là que l’on décide de vérifier sur Wikipédia si l’on a manqué quelque chose. Il semble improbable qu’après plus de trente minutes, l’on ne soit toujours pas certain de la direction que prend le spectacle. C’est pourtant bien ce que j’ai ressenti : une impression de ne pas avancer, ou d’être passée à côté d’un élément important. 

L’intrigue ne va pas au-delà ce qui est décrit plus haut : un bal chez les Jellicle, au terme duquel Old Deuteronomy désignera le chat qui revivra et connaîtra le bonheur dans une deuxième vie. Une unique péripétie majeure retient notre attention : l’apparition du grand criminel Macavity, qui enlève brièvement Old Deuteronomy.

Le reste n’est que portraits de chats. Une fois que l’on a compris cela, on peut arrêter de chercher du sens là où il n’y a qu’une volonté de spectacle. Et le spectacle se montre à la hauteur. Les danses sont superbes, les chansons entraînantes. J’ai personnellement beaucoup aimé Rum Tum Tugger, le bal et l’incontournable « Memory ». Et vous?





*représentation officielle enregistrée de 1998, que vous pouvez trouver assez aisément sur le web.
** l’un des quartiers chics de Londres, près de Green Park, dans le coin de Buckingham Palace. On y trouve aujourd’hui des établissements de luxe tels que le Ritz ou des gentlemen’s clubs.

Louknaille dans Critiques.
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