Eugénie Grandet

Ce texte est une réponse à Balzac - Sa vie son oeuvre de Lucie Laval.

La redécouverte d'Eugénie Grandet

Bien souvent on lit un livre, on se fait son idée et on le repose définitivement sur son étagère, ou on le donne, et l'on tourne littéralement la page. C'est lu, ça c'est fait. Et bien je suis résolument contre cette pratique. Je relis très souvent mes livres, surtout ceux que je n'ai pas aimés, parce que tout le monde a droit à une seconde chance, et que j'étais surement dans de mauvaises dispositions la première fois. Ce n'est pas nécessairement la faute du bouquin. Et certains ouvrages sont tellement riches qu'on peut les relire toute sa vie sans jamais s'en lasser.

Ma première lecture d'Eugénie Grandet fut catastrophique. C'était une lecture imposée au programme de je ne sais plus quelle année de collège... Je me souviens de l'ennui profond, du quasi dégoût que j'avais eu pour cette histoire. Jamais un roman ne m'avait paru aussi long. Sans compter qu'il m'avait aussi été recommandé par mon Grand-père, qui n'était pas le plus fantaisiste des hommes, ce qui n'arrangeait rien... Bref, fiasco total, rencontre manquée.

Une relecture d'Eugénie Grandet six ans après

suite à cet échec cuisant, j'avais donc enfoui ce livre au fond d'une étagère histoire de l'oublier aussi vite que possible. Mais j'avais des regrets. Je sentais bien que j'étais passée à côté de quelque chose d'intéressant. Donc six ans après je remets ça et je me replonge avec réticences dans ce classique de Balzac.

C'est alors que je découvre, comme pour la première fois, un texte absolument sublime. Des personnages qui, dans leur médiocrité (le père Grandet) ou dans leur simplicité (Eugénie, la mère Grandet, Nanon), sont tout à coup si vrais qu'ils en deviennent inoubliables. L'avarice du père Grandet est presque inconcevable de cruauté (il persuade sa fille à la mort de sa femme de renoncer à son héritage pour le lui laisser par exemple) mais pourtant criante de vérité. La naïveté d'Eugénie et sa triste résignation m'ont littéralement fait fondre en larmes. Quant au cousin, encore un médiocre comme on en croise tellement, mais qui n'a pas été aidé par la vie... Cette relecture a été une révélation : Une révélation sur l'art balzacien de croquer les gens sur le vif et de leur donner vie...

Eugénie Grandet, image de la province

Le roman d'Eugénie Grandet prend place dans la Comédie Humaine au sein des Scènes de la vie de Province. C'est à Saumur que se déroule cette histoire. Eugénie devient donc une image de la province, innocente et résignée, digne, douce, triste aussi. Une jeune femme fanée, abîmée par un environnement hostile - son père, ses voisins, son argent, les médiocres calculs des uns et des autres. Mais pourtant elle rayonne, dans le calme et dans la mélancolie. Et c'est beau...

Lucie Laval dans Critiques.
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