Harry Potter and the Cursed Child

Harry Potter and The Cursed Child (et L’Enfant maudit, en français), a ouvert ses portes il y a quelques jours au Palace Theatre de Londres. La première série de places pour cette pièce de théâtre tant attendue par les fans a été prise d’assaut et les billets ont tous été vendus au bout de quelques heures. C’est dire à quel point la suite des aventures d’Harry Potter a enthousiasmé les foules !
 

PAS FACILE, DE VIEILLIR !

Cet article ne contiendra pas de spoiler. Les informations sur l’intrigue que je m’autoriserai à utiliser sont celles qui ont été officiellement dévoilées il y a déjà plusieurs mois, c’est-à-dire, principalement, le synopsis. Le voici, pour ceux qui seraient passés à côté :

"Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’Harry est un employé surmené du Ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus."

La période sur laquelle se déroule la pièce est à mes yeux l’un de ses points forts. Après sept romans et huit films, nous avons fait le tour de notre Harry adolescent. Nous le découvrons désormais sous un autre jour, comme un ami de longue date que l’on retrouve des années après s’être perdus de vue. Harry a changé, et nous aussi, mais ce nouveau sorcier à lunettes nous hypnotise dès les premières minutes.
 

UNE MISE EN SCENE SPECTACULAIRE

Harry nous hypnotise, et il n’est pas le seul ! On pourrait croire que les visages de Daniel Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint nous manqueraient, et que notre trio ne serait plus vraiment notre trio. Les polémiques ont d’ailleurs fusé après l’annonce du casting : Jamie Parker (Harry Potter) n’a pas les cheveux noirs, et Noma Dumezweni (Hermione Granger) a la peau noire. Mais que fait la police ?

S’arrêter sur ces détails est une erreur. D’une part, Jamie Parker a les cheveux teints (non, ils n’ont pas badigeonné Noma Dumezweni de fond de teint ivoire) et, surtout, surtout, les nouveaux acteurs sont incroyablement crédibles, les petits comme les grands. On s’y attache : ils entrent dans la peau de leurs personnages avec tant d’aisance ! On oublie le trio d’origine dès les premières minutes. La performance de la nouvelle équipe devient par ailleurs incroyable quand surviennent les effets spéciaux. Car qui dit Harry Potter dit magie !

Je résiste à l’envie de trop vous en dire. Les effets spéciaux surviennent souvent à des moments clé que je ne peux vous dévoiler. Le public ne peut s’empêcher d’applaudir à plusieurs reprises. Les « oh ! » et « wouah ! » fusent. On en redemande, on frétille sur son siège. La magie opère !

En tant que grande amatrice de musiques de film et d’ambiance, j’ai été attentive à la bande son, composée par Imogen Heap. La musique est discrète, mais puissante. Les décors, quant à eux, sont audacieux, mouvants, et intelligemment pensés. Le thème de la valise revient souvent. La valise, que l’on emmène avec soi à Poudlard, mais qui symbolise aussi le voyage, le grand voyage : la mort a toujours été une thématique chère à Madame Rowling.
 

ET L’INTRIGUE, DANS TOUT CA ? IMPARFAITE, MAIS DROLE

Curieusement (ou non ?) c’est ce qu’il y a de moins réussi dans cette pièce. Pas de panique ! La pièce reste bien ficelée, le rythme est bon. L’atmosphère et l’esprit Harry Potter sont respectés, et je ne doute pas que les fans reconnaîtront sans peine leur univers fétiche. L’histoire est très drôle, une autre belle surprise.

Cependant, j’ai plusieurs fois songé que l’équipe d’Harry Potter et l’Enfant Maudit/and the Cursed Child avait abusé de la bonne vieille technique de la réunion de famille. Vous savez, ce petit goût amer qui restait déjà au fond de la gorge à la fin du dernier Star Wars. « Tiens, si on faisait apparaître ce personnage quelques minutes ? On prend les mêmes et on recommence, de toute façon les fans sont des pigeons, ils ne s'en formaliseront pas même si ça fait déjà vu/semble (complètement) capilotracté/est prévisible dès la première partie (rayer la mention inutile). »

Quelques points constituent une solution de facilité qui aurait dû être évitée. D'autres frisent le ridicule, soyons honnêtes, surtout dans la deuxième partie. En créant une huitième histoire, JK Rowling et ses compères auraient dû identifier les écueils à éviter. Malheureusement, on y fonce parfois tête baissée.

D’autres passages m’ont en revanche surprise de la meilleure des façons. Nous sortons par exemple du portait enfantin qui nous est donné d’Harry dans le premier tome. La pièce revisite le petit garçon d’alors, et je dois dire que je n’ai jamais été aussi touchée par le petit Harry, celui d’avant Poudlard, qu’au cours d’une scène qui restera pour moi l’une des plus marquantes de ce spectacle. De manière générale, j’ai éprouvé un réel coup de cœur devant ce nouveau Harry que l’on nous présente. La performance de Jamie Parker est excellente.
 

SUR PAPIER, CA DONNERA QUOI ?

Difficile à dire. Je suis sortie de la première partie de la pièce des étoiles plein les yeux, émerveillée par les effets spéciaux, ravie de replonger dans l’univers si riche d’Harry Potter. La deuxième partie m’a déçue. En réalité, la mise en scène joue énormément dans mon avis positif. Sur papier, pas de décor, pas de musique, pas de jeu d’acteurs, pas de tours de magie sous nos yeux de moldus.

Verdict ? La pièce est un franc succès sur les planches en dépit de ses imperfections et de la prévisibilité de plusieurs piliers de l'intrigue. Si je devais payer pour revoir le spectacle, je n’hésiterais pas – mais pas trop cher quand même, hein. J’ai d’ailleurs vérifié s’il restait des places pour 2017. La réponse est non, si vous vous posiez la question.

Dépouillée de la magie du live, la huitième histoire dans la saga Harry Potter aura-t-elle autant d’intérêt ? Sans doute que non. On fermera les yeux pour cette fois, parce que retrouver Harry, c'est quand même super chouette.

Louknaille dans Critiques.
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