Les neiges des l'éternel chez ActuSF

Ce texte est une réponse à George R. R. Martin - Le Volcryn de Lucie Laval.

Un premier roman Fantasy de la rentrée littéraire !

Pour cette rentrée littéraire 2O15, j'ai lu un premier roman de Fantasy, Les Neiges de l'éternel de Claire Krust aux éditions ActuSF. J'aime beaucoup lire des premiers romans car c'est toujours entrevoir les premiers pas (parfois chancelants) d'un nouveau talent. J'avoue que je n'ai pas été déçue. Ce roman surprend tout d'abord par son rythme lent et son style simple et précis. Il s'agit d'un ensemble d'histoires entrelacées, et l'auteure a su donner des analyses très fines des dégâts que peuvent causer dans les familles les non-dits et les malheurs. Le deuil en particulier. Ce n'est donc un roman à prendre à la légère, et même si quelques passages traînent un peu en longueur, le suspense est toujours là pour nous retenir jusqu'à la fin

Le schéma narratif emprunté par l'auteure est particulièrement audacieux. Ces récits enchâssés nous dévoilent peu à peu la destinée d'une famille japonaise noble en cruel manque d'héritiers. Avec l'omniprésence de la maladie, c'est la fin de la lignée (et donc de l'histoire) qui menace à tout moment de refermer le livre prématurément. Mais la vie est tenace : elle lutte. Malgré la malédiction qui semble s'acharner sur cette famille, nous allons apprendre à connaître au fil des pages plusieurs générations de jeunes malades et de morts prématurés... et un fantôme.

Mon avis en vidéo 





Interview de Claire Krust, auteure de Fantasy

1. Les motifs de la maladie et de la guérison son omniprésents dans Les Neiges de l'éternel et semblent traverser les générations comme une malédiction, pourquoi ?

C’est une sorte de fil rouge qui accompagne les personnages et les rassemble en partie. C’est parce que Seimei est guérisseur que Yuki le rencontre, et c’est parce que le frère de Yuki est tombé malade qu’elle-même devient guérisseuse et sauve Shota, mais aussi Akane. En fait, c’est un cercle à la fois vicieux et vertueux.

2. Tes personnages vivent des événements très douloureux et gardent presque toujours un visage impassible, qu'est-ce que cela signifie ?

Tous ne sont pas impassibles. C’est surtout Akira qui donne cette impression parce que la solitude et l’attente perpétuelle ont modifié ses perceptions et sa vision des choses. Il est complètement blasé, pour adopter un vocabulaire moderne.

3. Ces récits qui s'entrecroisent au fil des générations nous font prendre conscience du temps qui passe. Quel est le message (si message il y a) que tu as voulu faire passer à travers cette construction narrative inattendue ?

Je ne dirai pas qu’il y a un message. L’idée des récits entrecroisés est venue naturellement, sans que j’y réfléchisse, et s’est révélée une excellente façon de représenter les différents personnages et points de vue. Du point de vue de l'écriture pure et simple, c'était aussi un exercice qui sortait de l'ordinaire.

4. Les Neiges de l'éternel, c'est aussi une histoire de fantôme ; quelle est ta perception de ces esprits qui hantent les contes pour enfants depuis la nuit des temps ?

Pour les fantômes, eh bien honnêtement je les adore. Je les trouve passionnants. Ils permettent de passer outre irréversibilité de la mort, peuvent être terrifiants, amusants, tout en possédant un point de vue vraiment particulier (après tout, ils sont morts.) Pour moi, les fantômes sont un puit inépuisable d'inspiration et de possibilités.  A mon avis, j'écrirai à nouveau sur eux. Peut-être pas tout de suite, mais si un texte m'en donne l'opportunité, je la saisirai. Retrouvez Les Neiges de l'éternel de Claire Krust chez AtcuSFhttp://www.editions-actusf.fr/claire-krust/neiges-eternel

Lucie Laval dans Critiques.
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