Maison pour dames - Jean Lorrain

Ce texte est une réponse à Jean Lorrain - Sa vie, son oeuvre de Lucie Laval.

Jean Lorrain - Auteur du mois

Comme vous le savez peut-être, Jean Lorrain est notre auteur du mois d'août 2015 ! Je vous ai déjà parlé un peu de sa vie et de certaines de ses œuvres telles que La Mandragore, un recueil de nouvelles, ainsi que Monsieur de Bougrelon, un de ses romans phares, pour lequel j'ai personnellement eu un gros coup de cœur

Je reviens vous parler aujourd'hui d'un autre de ses romans, Maison pour dames, paru en 1908. Cela m'a d'ailleurs étonnée de lire que Maison pour dames avait été écrit bien après Monsieur de Bougrelon, car si c'est un roman très abouti qui livre une étude de caractères passionnante, il me parait  moins captivant que Monsieur de Bougrelon ou Monsieur de Phocas. Monsieur de Bougrelon, c'est un roman inoubliable, qui nous marque au fer rouge jusqu'à la fin de nos jours ! Maison pour dames, c'est un bon moment de lecture, qui nous laisse songeur quant à la multiplicité des manifestations de la duplicité humaine, et qui je suppose, demeure longtemps un bon souvenir de lecture. Mais Bougrelon... ! C'est autre chose... ;) 

Maison pour dames - La femme poétesse

Maison pour dames, c'est l'histoire d'une jeune femme qui a priori n'avait aucune particularité digne d'attirer votre attention de lecteur, si ce n'est un joli minois. Petite bourgeoise de la région d'Avignon, mariée à un Conservateur des hypothèques, elle mène une vie tranquille, sans enfant. Mais elle écrit des vers. Car elle est poète

Le roman s'ouvre sur une scène touchante : Emma Farnier lit le Laurier d'or, journal féministe le plus en vogue de Paris, et cherche les résultats du concours de poésie annuel du journal. Soudain, cri de surprise : c'est Florise d'Ellébreuse qui est présentée comme la lauréate du concours avec son poème Sous les lauriers roses. Or, Florise d'Ellebreuse, c'est son pseudonyme. Emma entrevoit tout de suite une carrière de poétesse à la capitale, et la rédaction du Laurier d'Or l'a d'ailleurs conviée à une grande fête en son honneur pour la présenter au Tout Paris de l'Art et des Lettres. Seulement voilà : son mari ignore tout de sa participation à ce concours, et ce n'est pas sans difficultés qu'elle parvient à le convaincre de se rendre à Paris.

Paris : lieu de perdition

Paris, pour Emma Farnier, c'est un rêve de gloire et de consécration. Mais elle prend vite conscience du vaste piège dans lequel elle s'englue petit à petit. Les photos pour lesquelles elle pose sont retouchées et rendues plus osées, son histoire est réinventée de la façon la plus scandaleuse... Dès la parution du numéro du Laurier d'Or qui contient sa présentation au public, elle commence à recevoir des lettres de ses proches qui la renient, et des lettres anonymes emplies d'injures et de moqueries. Et ce n'est qu'un début...

Nombreuses sont les poétesse et personnalités féminines déjà en vue dans la sphère des Lettres parisiennes qui vont essayer, par de sournoises manœuvres, de ruiner la carrière d'Emma. Nombreux sont les hommes qui vont essayer d'abuser de son inexpérience. Je vous laisse découvrir quelle sera la réaction d'Emma à toutes ces attaques mesquines, et je salue encore une fois le talent de Lorrain qui sait si merveilleusement croquer les vices et les bassesses auxquelles peuvent s'abaisser les hommes pour de l'argent ou du pouvoir. Si Maison pour Dames n'est pas un de ses romans les plus éblouissants, c'est un travail de maître, très travaillé même si cela ne se décèle pas, maîtrisé du début à la fin de l'intrigue, et si vrai, que l'on a l'impression d'avoir vu se dérouler l'histoire sous nos yeux. Comme je le disais précédemment, un très bon moment de lecture. Retrouvez Maison pour Dames aux éditions Albin Michel : http://www.albin-michel.fr/Maison-pour-dames-EAN=9782226039002 

Lucie Laval dans Critiques.
- 1920 lectures - mention j'aime

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.