De la difficulté d'être publié

Ce texte est une réponse à René Char de Thierry CABOT.

Faire publier son livre : un casse-tête ?

Très attaché à la liberté d'expression, je conçois aisément qu'un auteur manifeste le désir d'être publié. Pourquoi d'ailleurs, quel que soit son prestige, une maison d'édition s'érigerait-elle en arbitre du goût ? Nous avons tous en tête des noms d'écrivains talentueux dont les manuscrits n'avaient nulle vocation à finir dans un tiroir et qui, après moult chassés-croisés par voie postale, eurent toutes les peines du monde à sortir enfin de l'anonymat. 

A contrario, il serait inconvenant de s'appesantir sur le sort des créateurs en herbe dépourvus de la moindre aptitude littéraire et que, facteur aggravant, ne traverse même pas la simple idée d'améliorer leurs textes. Quand un romancier ou un poète juge que son œuvre peut s'exposer favorablement aux yeux des lecteurs, il est bien légitime que celui-là, sans céder en rien à un orgueil démesuré, envisage alors l'édition à compte d'auteur. Hélas ! l'intéressé se verra le plus souvent proposer un contrat léonin dans lequel aucune clause ne lui apportera la garantie que son ouvrage sera vraiment distribué. Cruel mécompte ! Allégé de plusieurs milliers d'euros, il va connaître assez vite le poids de la désillusion. Mort-né, ledit ouvrage tombera dans l'oubli avant qu'un seul doigt amoureux en ait effeuillé les pages.

La publication à compte d'éditeur

Reste donc l'incontournable publication à compte d'éditeur. Mais les statistiques montrent qu'un écrivain sur mille environ fait exploser un jour le plafond de verre. Fait cocasse même, il a été démontré que certain livre d'un littérateur connu, à l'habillage modifié - il suffit par exemple de changer le nom des personnages - n'avait donné lieu qu'à des refus répétés. Cherchez l'erreur !

Dans la plupart des cas, cependant, un manuscrit sera bel et bien lu. Et là, en dehors de tout argument fallacieux uniquement dicté par des considérations mercantiles, force est d'admettre qu'une maison d'édition devra mettre la main au porte-monnaie pour assurer la promotion et la diffusion d'une œuvre dont le succès lui-même apparaîtra loin d'être assuré. Le comité de lecture, jamais exempt d'arbitraire, aura ainsi à cœur de voir son choix ratifié par le public, un choix qui peut à la fin se révéler hasardeux.

La publication : un gage de qualité ?

Pour lever presque toute incertitude, Il conviendra donc que l'aspirant écrivain ait des qualités littéraires avérées justifiant pleinement l'engagement financier d'un éditeur. En art comme ailleurs, les entreprises philanthropiques ne courent pas les rues.

Si de mauvais livres, malgré tout, encombrent toujours les rayonnages des librairies - il existe aussi de piètres maisons d'édition - la chose la plus consternante qui soit est de passer à côté d'un chef-d'oeuvre. La cécité en littérature se vérifie encore. Et au milieu des modes sans intérêt, quelle tristesse alors ! de n'avoir pas su distinguer l'ouvrage inattendu, original, exceptionnel digne d'entrer dans le panthéon des lettres.

Thierry CABOT dans Débats.
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Lucie Laval En effet Thierry, il est toujours très difficile de se faire publier... Mais il faut évidemment que le manuscrit soit de qualité pour pouvoir se démarquer... Les éditeurs reçoivent tellement de manuscrits par mois que c'en est vertigineux !
Raf Encore un article de qualité ! Merci Thierry :-)
Bambou Cet article éclaire assez bien le monde de l'écriture et de l'édition.
Qu'est-ce un bon livre?Sous quels critères une maison décide de donner un
triple A ou un je ne
sais quoi à un
auteur?Bien vrai qu'il
Bambou Bien vrai que des codes existent dans l'écriture et qu'il faut les respecter.
Je pense que les considérations
mercantiles sont les
raisons des maisons
d'éditions.
Ceci en ai de même
dans les maisons
de disques....

Un manuscrit ou un
Disque est -il
mauvais parce-que
l'on aime pas son
Contenu??
Lucie Laval C'est vrai que bien souvent les choix qui mènent à la sélection ou non d'un livre pour être publié par un éditeur sont subjectifs. Mais il faut aussi que le manuscrit corresponde à la ligne éditoriale de la maison notamment, qu'il soit techniquement publiable c'est-à-dire sans fautes, omissions ou autres... Qu'il n'y ait pas eu d'autres livres parus récemment sur le même sujet... Beaucoup d'éléments entrent en ligne de compte !
Raf Et n'oublions pas que la maison d’édition reste une entreprise et que le but du jeu est de faire du chiffre ! Car si un livre ne se vend pas c’est de l’argent perdu :-)

Je reste quand même d'accord avec Bambou, j'aime pas non plus le concept qu'une "équipe" juge un livre bon ou mauvais :-) D'un côté nous le faisons ici au travers des chroniques ^^
Lucie Laval C'est vrai mais dans le cas des chronique nous nous plaçons dans la position du lecteur qui a aimé ou non un livre et qui donne (bien humblement) son avis. Nous ne décidons pas de l'avenir d'un ouvrage

Et puis après tout, une maison d'édition c'est un groupe de personnes qui a décidé de publier des livres selon certains critères... C'est tout à fait légitime qu'ils refusent si les critères ne sont pas respectés. Enfin, je dirais qu'il y a quand même pas mal d'éditeurs qui donnent leur chance aux auteurs : il n'y a qu'à voir le nombre de premiers romans publiés chaque année
Raf Je pense que le nombre de romans publiés est bien maigre par rapport au nombre de romans écrits
Surtout quand on apprends que même Maître Gims a fait sa biographie.
Lucie Laval Arrfff oui c'est vrai... la notoriété de l'auteur fait partie des critères... Mais quand on pense qu'il y a plusieurs centaines (peut-être milliers) de nouveautés publiées tous les mois (+ tous les livres de fonds), ça fait un peu peur... Moi, j'admire les libraires qui doivent ensuite se débrouiller à gérer tous ces stocks !
Thierry CABOT Merci Lucie, Alexandre et Bambou pour vos commentaires stimulants. En matière éditoriale, deux phénomènes particulièrement m'attristent : la présence de mauvais livres poussés sur le devant de la scène par appât du gain, un certain esprit conventionnel qui ne saura même pas donner sa chance à un grand livre.
Bambou Lucie je suis ok avec toi concernant la ligne éditoriale,je n'enverrait pas un manuscrit érotique
à un éditeur spécial
lisé en Sci-fi même
si on peut concilier
les deux
Bambou Lucie je suis ok avec toi concernant la ligne éditoriale,je n'enverrait pas un manuscrit érotique
à un éditeur spécial
lisé en Sci-fi même
si on peut concilier
les deux
Bambou C'est quoi un bon oeuvre?
C'est quoi un mauvais livre?
Raf Hors sujet : Il faut vraiment que je corrige ce bug du double message
Bambou Une Bonne oeuvre...
Lapsus
Lol
Bambou Une Bonne oeuvre...
Lapsus
Lol
Lucie Laval Thierry, c'est vrai que ces deux phénomènes sont assez frustrants. Comme on le signalait avec Alex, bien souvent ce sont des critères de visibilité qui priment sur la qualité... Mais certains éditeurs font un travail remarquable à cet égard en publiant de jeunes (et moins jeunes) auteurs inconnus et talentueux. C'est comme pour les soldes, il faut farfouiller longtemps avant de trouver son bonheur !

Et Bambou, voilà une question bien compliquée en vérité !
Bambou En fait ce sont les noms des auteurs qui sont <vendeurs>.Comme le dis Alex maitre Gims a publié sa
Biographie en
surfant sur le buzz
de sa musique.
Je crois qu'il en ai
de même concernant
les prix littéraires
de chaque fin
d'année.
Bambou Thierry..
Dites moi c'est quoi un mauvais livre pour vous??
Thierry CABOT Pour moi, Bambou, un mauvais livre est un livre mal écrit, sans originalité dans le style et les idées, plat comme un trottoir de rue, truffé de lieux communs et de clichés.
Bambou Merci pour ton éclairage.
Je me remets alors á l'écriture que j'avais mis sommeil en suivant vos conseils.
......
Bambou Également à Lucie et Alex!!!
Raf :-) :-)
Lucie Laval Bon courage Bambou !
Lucie Laval Et bien moi je suis très contente : C'est le premier débat qui fait vraiment débat sur libro !
Raf Pas faux :-)
Bambou Bravo surtout á vous qui avez mis Libro en route!
Lucie Laval Ooooh merci Bambou !
Louknaille Il existe également aujourd'hui d'autres façons d’être lus. Car après tout, n'est-ce pas là l'objectif d'une oeuvre, être lue? Nous vivons à une époque où, par chance, on peut partager son oeuvre gratuitement sur des plateformes et obtenir des retours de lecteurs (Librosophia en est une, mais comment ne pas penser aux grands Amazon, Kobo, etc.?). Je crois qu'il ne faut simplement plus considérer que les maisons d'édition sont les seules juges.
Thierry CABOT Ce que vous dites est vrai, Louknaille. Mais pour promouvoir une œuvre, un éditeur digne de ce nom dispose de moyens plus importants.
Lucie Laval C'est vrai qu'il existe maintenant l'alternative de l'autoedition ... Mais qui mène parfois à l'édition tout court
lifesof Édifiant.
Merci

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