La jeune fille à la perle - Tracy Chevalier

Ce texte est une réponse à La dernière fugitive, Quai Voltaire - Gallimard de Lucie Laval.

Le peintre et son modèle

Ce portrait de La jeune fille à la perle de Vermeer est une peinture inoubliable. Ce regard, cette interrogation, c'est tout un poème de lumière et de couleurs. Ce regard, c'est un lien indestructible entre le peintre et son modèle, un lien que nous ne pourrons sans doute jamais élucider. Cependant, nous pouvons l'interpréter ; et c'est ce qu'a fait Tracy Chevalier dans son roman La jeune fille à la perle, paru en 2002 chez Gallimard. Tracy Chevalier nous raconte l'histoire de la jeune Griet, dont le père aveuglé par l'explosion de son four ne peut plus confectionner les célèbres carreaux de Delft qui sont sa spécialité, et ainsi subvenir aux besoins de sa famille. Ce roman commence par une blessure, et par l'aveuglement, la disparition de la couleur. 

Griet va donc être engagée comme servante chez les Vermeer. Famille catholique vivant à l'autre bout de la ville, les Vermeer jouissent d'une bonne réputation en raison des remarquables tableaux que l'on connait ; cependant les enfants sont nombreux, les grossesses annuelles et Vermeer met plusieurs mois, parfois plus d'un an, avant d'achever ses tableaux... 

La découverte de la couleur

Griet, comme le reste de la maisonnée, a interdiction de se rendre dans l'atelier du maître. Jusqu'au jour où Griet reçoit l'ordre de faire le ménage dans la pièce interdite. A l'extrémité la plus illuminée de la pièce sont arrangés divers meubles qui constituent le décor de l'oeuvre en cours de réalisation. Cette dernière trône au centre de la pièce, sur son chevalet, pudiquement recouverte d'un tissu opaque qui n'en laisse rien deviner. 

Griet sait pertinemment qu'elle ne doit pas toucher au décor de la composition. Pourtant on lui a formellement demandé de faire le ménage de l'atelier. La présence de son maître absent la paralyse à l'idée de déplacer un objet et de ne pas le remettre absolument à sa place : elle sait que l'œil du peintre le verra. Elle développe alors un système étrange de mesure à l'aide de ses doigts, mains et coudes, et parvient ainsi à tout nettoyer sans même laisser de traces de son passage. Un jour, le maître des lieux lui fait une demande particulière : elle devra préparer les couleurs.

Vermeer : percer le mystère

Tous les soirs, Griet est donc enfermée dans l'atelier de Vermeer et doit se lever à l'aube pour broyer les différents pigments que son maître lui a préparé la veille au soir. Elle le contemple aussi peindre, et s'étonne de voir que pour peindre une robe bleue, il lui demande de lui préparer des pigments bruns, ou gris, ou tout sauf bleus. Un matin, Griet s'aventure à lui préparer de la peinture bleue. C'était la liberté de trop. Sa colère est immédiate. Puis il se ravise et ouvre une fenêtre : Griet, de quelle couleur sont les nuages ? Alors Griet, qui croyait que les nuages étaient blancs, y découvre du jaune, du bleu, du gris... Elle a compris les couleurs

Quelques temps plus tard, Vermeer lui annonce qu'il va faire son portrait pour un riche mécène de Delft. Avec une perle. Une perle pour Griet qui n'a jamais porté le moindre bijou. Et Griet va poser, poser pour son maître et rester immobile à le fixer du regard pendant des heures. Des heures suspendues, uniques. Ce regard nous est resté et il nous conte une histoire. Que ce soit celle de Tracy Chevalier ou pas, ce sera toujours une belle histoire. Car cette peinture est un chef d'oeuvreRetrouvez La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier aux éditions Gallimard : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio/La-jeune-fille-a-la-perle

Lucie Laval dans Un Homme – Une Femme.
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